Changer une habitude pour prendre soin de soi

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Bonjour à toi!

Changer ses habitudes… Voila un article qui sort un peu du domaine de l’écoconstruction mais qui reste lié à la construction intérieure, celle de la maison qui nous abrite avant toutes les autres: notre corps!

Il fait suite à la demande d’une amie blogueuse de se réunir pour traiter du sujet des habitudes qui peuvent changer notre vie. Il s’agit d’Andrée de ma-case-a-soins.com

Plus précisément, Andrée me demande “Ce que j’ai changé un jour ou quelle habitude j’ai adoptée pour devenir acteur de ma santé et prendre soins de moi”.

C’est avec plaisir que je lui réponds dans ce billet 😀

 

CHANGER D’HABITUDE POUR PRENDRE SOIN DE SOI

Je me souviens que, quand j’ai rencontré Federica en 2005 – à ce moment là autant dire tout de suite : « Federica me rappelle que quand nous nous sommes rencontrés »…  je mangeais à peu près tout et n’importe quoi.

Nous travaillions sur les bateaux de croisière fluviale et étions à un stage d’animateurs touristiques. Durant cette période de ma vie, comme dans quelques autres encore, mon activité professionnelle me prenait énormément de temps. Et j’aime autant dire que sur les bateaux, le personnel a souvent les journées bien remplies. Tant et si bien qu’il n’était pas rare que la demi-heure allouée aux repas du midi ou du soir ne soit pas interrompue par une obligation professionnelle ou morale (adjectif qui dans le tourisme sont fréquemment interchangeables).

Tout cela pour dire que quand nous nous rencontrâmes, j’engloutissais encore des assiettes pleines de tout ce qui se présentait à moi. Pas comme si c’était là mon dernier festin, non, mais par habitude de « faire le plein » avant qu’il ne soit trop tard.

Cette mauvaise habitude ne datait pas de cette rencontre. Elle remontait, au moins, à mes années d’apprenti cuisinier, métier dans lequel les repas sont pris, non pas au lance-pierre, mais au coup de feu.

 

TROP, TROP VITE ET N’IMPORTE QUOI

Après cette brève introduction, j‘en arrive à mon sujet : durant une grande partie de ma jeunesse, j’ai mangé d’une manière assez lamentable : trop, trop vite, et n‘importe quoi !

chnager ses habitudes

Trop

Le corps humain est incroyablement résilient. Notre métabolisme s’adapte à peu près à tous les manques et à tous les excès ! Nos organes, nos cellules s’efforcent continuellement à s’adapter à ce qui leur arrive. Dans un sens, c’est magique! Mais comme beaucoup de choses, cela à un prix (qui ne se dévoile qu’au moment de l’addition).

A ce stade de ma vie, comme je l’ai dit plus haut, la nourriture n’était que le carburant de mon corps.

Ce que j’avais appris durant mon apprentissage, ce n’était pas le rôle de l’alimentation. Ce n’était pas les apports nutritifs de tel ou tel aliment, ni les carences de tel autre. Non !

J’y ai appris à mettre deux quartiers de tomate sur le bord de l’assiette de preskopf de poisson et trois carottes pour accompagner le cordon bleu. Ce, quelle que soit la saison.

J’y ai appris à tourner les légumes (technique pour adoucir les coins des bâtonnets de légumes) pour qu’ils ne sortent pas de leur fonction décorative. Qu’ils restent l’élément esthétique et coloré, la garniture qui met en valeur l’acteur principal. Celle que l’on considérera s’il nous reste encore un peu de place à la fin de la pièce. Bien sûr, je caricature un peu, j’ai appris plein de choses intéressantes durant mes années en cuisine, mais la diététique n’a jamais été au programme.

Et c’est fou comme malgré des changements évidents dans le rapport à la nourriture (en public du moins), malgré les succès retentissants des émissions culinaires (top chef et autres… ), malgré la croissance massive du marché du bio,… Malgré tout cela, c’est fou comme aujourd’hui encore, les cuisiniers sont ignorants des besoins métaboliques sensés être apportés par l’alimentation.

Quand on va au restaurant, c’est pour manger beau et bon, mais pas encore pour manger bien. D’ailleurs quand on dit « j’ai bien mangé », c’est généralement pour dire j’ai « beaucoup » mangé.

Trop vite

Mastiquer 30x chaque bouchée. Inimaginable ! Ce doit être une blague. Ma fourchette ne sera jamais d’accord !!!

A ce stade de ma vie, j’étais déjà content d’être assis durant plus de la moitié du repas. Et tout ce temps assis devait être activement utilisé à réduire la distance qui me séparait de mon assiette vide. Ensuite, je faisais mine de prendre le temps pour « un bon café » et ainsi, celui de me gâter un peu. Après tous ces efforts, je méritais bien ça… Que néni, il ‘y avait là qu’une addition qui jouait la princesse devant le glouton. La scène était connue, répétée, assimilée jusqu’à la moindre grimace par l’acteur et son publique. Puis, ponctuée par la blagounette : « Putain, j’ai trop mangé » et les rires enregistrés.

Heureusement que dans ce théâtre, mon travail ne manquait pas de me distraire d’un possible repos digestif. On se plaindra durant la prochaine pause.. si on a le temps.

N’importe quoi

N’Importe Quoi sort rarement sans N’Importe Quand. On peut dire qu’ils s’amusent bien ces deux là ! Éternels ados à la constitution bien faite, ils disent rarement « non ». Ces deux NIQ ne souffrent d’aucuns maux, rien ne leur fait peur. Et même dans le creux de la vague, ils préféreront toujours guérir le mal par le mal.

Bien qu’avec le temps je ne les comprenne plus très bien, je dois dire que je les affectionne tout de même beaucoup. De temps en temps ils me rappellent les bons moment passés ensemble. Les fins de soirée, sous les néons froids du kebab de la Grand’rue, les yeux bavant de sommeil et de tentation. Les milieux d’aprem coincés entre la boite de chocolats, les cacahuètes grillés et le film du dimanche.

Pourtant sous leurs airs festifs, les NIQ sont aussi très proches de Madame Tristesse et Monsieur Stress. A l’heure actuelle, c’est plutôt chez un de ces deux compères que je les retrouve occasionnellement.

 

LE JOUR DU MIRACLE

Puis un beau matin de printemps 2011, sans avoir rien vu venir, j’ai violemment pris conscience de tous mes travers en matière de nourriture. Surtout, j’ai immédiatement balayé mes mauvaises habitudes après un stage de tao du gros intestin.

Non, je déconne ! 🙂

En vrai, je pense que c’est rarement comme cela que ça se passe. Le processus est beaucoup plus long. Selon moi cela est dû à ces trois facteurs :

  • Mes vieilles habitudes : (Ça tombe bien c’est le propos de l’article :p) Au niveau sensitif, j’ai été tellement imprégné par l’odeur de la pizza chaude (par exemple) qu’il m’est difficile de me balader en ville sans être tenté de succomber à telle ou telle stimulation. Ma solution pour ignorer ces mécanismes quasi instinctifs est : le pragmatisme.Je me force à me rappeler que 8/10 kebabs (par exemple) ne sont, une fois engloutis, pas aussi bons qu’ils en avaient l’air. Que beaucoup me laissent une sorte de film sur la langue et le palais (sûrement les exhausteurs de goût dans la viande). Qu’ils sont de plus en plus chers et les vendeurs de moins en moins sympas. Alors pourquoi y laisserais-je mes sous et ma santé???
  • L’environnement : Comme pour la cigarette , l’environnement en matière d’alimentation est capital (n’est-ce pas, Andrée;)). Ici, pas de baguette magique, mais juste une remarque : on s’entoure généralement de gens qui nous ressemblent. Par conséquent, en changeant soi-même peu à peu ou en fréquentant petit à petit des personnes « modèles », la chance n’est pas nulle pour que notre contexte influe plus positivement sur nos habitudes.
  • La liberté : Paradoxalement, elle est souvent la cause principale de nos échecs. On avait le choix… et on a fait le mauvais !chnager ses habitudes

Personne d’autre de responsable. Choisir c’est aussi renoncer et les choses étaient sûrement plus simples quand une famine ou un seigneur local décidait : « régime de cosses de haricots pour tout le monde… Pendant 6 mois renouvelables… des questions ? ».

Ici, il n’y a pas 36 solutions, la meilleure étant toujours de s’ancrer profondément dans la tête (et dans le cœur!) les raisons de nos choix. On peut travailler sa volonté avec des challenges simples et graduels que l’on s’efforce de garder bien à vue. Personnellement, j’aime aussi me rappeler le plus souvent possible que l’on ne vieilli ni demain, ni ce soir, on vieilli à chaque seconde qui passe. Cette idée m’aide à me rapprocher le plus souvent possible de mes objectifs 🙂

ÇA VA DANS LE BON SENS

A part cet attrait grandissant pour la cuisine spectacle de M6, j’ai clairement l’impression qu’en matière d’alimentation, la tendance va dans le bon sens. C’est à dire, vers le bon-sens.

De plus en plus de pesonnes se posent la question de savoir ce qu’on leur fait vraiment consommer. L’industrialisation de l’élevage, les maladies modernes, les scandales alimentaires y sont sûrement pour beaucoup. Merci ? Je ne suis pas sûr, mais les faits sont là alors réjouissons nous.

Notre régime alimentaire devient un engagement politique fort : bio ou OGM, viande ou végan (les L214 ont tapé fort dans la fourmilière), local ou libre-marché (TAFTA, CETA). Les réseaux sociaux s’organisent en groupes efficaces qui diffusent des valeurs éthiques et des conseils nutritifs.

Aujourd’hui, en ce qui concerne mon alimentation, je suis en chemin aussi, même si je pense avoir déjà parcouru une bonne partie de la route :

  • Je mange beaucoup moins de viande et plus de légumineuses
  • Je suis toujours le dernier à finir mon assiette (sans pour autant être un grand bavard)
  • Je suis attentif aux saisons et à ce qu’elles nous apportent
  • Je mange à des plages horaires régulières
  • J’ai des notions d’association alimentaire et de macrobiotique
  • J’utilise des probiotiques tels que la levure de bière et les aliments lacto-fermentés
  • Je ne mange pas que pour mon corps mais aussi pour mon cerveau

Changer ses habitudes

Je ne veux pas ennuyer en faisant une liste détaillée de mes habitudes alimentaires. Qui s’intéresse un peu au sujet, sait déjà sur quels points il ou elle doit travailler. Par contre, ce que je veux faire passer comme idée, c’est que je suis persuadé que le fait d’être plus attentif à mon alimentation a changé ma vie en l’allongeant potentiellement et en m’aidant à avoir les idées plus claires sur ma relation avec la nourriture. Donc aussi sur ma relation avec mon propre corps . Et sur ce terrain là, je préfère investir dans le moteur que dans la carrosserie.

 

ENCORE UN PETIT EFFORT

Personnellement, il me reste encore un objectif que je n’ai pas réussi à mettre en place mais qui me taraude depuis quelques années maintenant. C’est apparemment une des habitudes les plus difficiles à changer: celle du petit déjeuner!

Cela ne semble pas impossible à première vue mais tenir cette résolution dans la longueur est un vrai challenge.

Pourquoi changer de petit déjeuner? Parce que les petits déjeuners à la française (pain, beurre, confiture) contient tout ce qu’il faudrait éviter: le pain (gluten, index glycémique), le beurre (graisse saturée), et la confiture (sucre, index glycémique) . Théoriquement, quelques protéines (œufs, légumineuses), un peu de bonnes graisses (oléagineux, avocats),du fer (légumes vert) et des vitamines (fruits) seraient plus recommandés pour commencer la journée sur les chapeaux de roue. J’avais déjà varié ma routine avec des flocons d’avoine cuits avec des fruits -type porridge- ou encore du riz complet avec ce que mon envie et mon frigo me dictaient (salé ou sucré). Mais ces essais n’ont jamais tenu le choc émotionnel de la privation du pain-beurre-confiture bien longtemps.

Je ne me souviens plus ou j’ai lu qu’une passion pour la nourriture était un des symptômes annonçant la fin des Empires. Je ne sais pas si c’est vrai, mais je souhaite vraiment réaliser mon changement de petit déjeuner avant la fin de notre civilisation. Si toi aussi tu trouves que c’est un défi intéressant, laisse moi ton impression dans les commentaires 🙂

Au plaisir !


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