L’ACTION DE L’HOMME, PLUS NATURELLE QUE L’ACTION DE LA NATURE?

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Quand j’étais petit, j’aimais demander à mes amis s’ils aimaient la nature et quand ils me répondaient que oui, je pouffais en assénant que vu ce qu’elle avait fait d’eux, ils n’étaient pas du tout rancuniers 😀 Qu’est-ce que j’ai pu me marrer avec cette blague !!!:):):)

Voilà, le ton de cet article, il est donné par le grand enfant qui s’agite encore en moi.

Tu seras prévenu !

QUELLE PLACE LAISSEZ VOUS A LA NATURE ?

Quelle place laissez vous à la Nature?Aïe! Rien qu’avec le titre du sujet d’article que m’a proposé Heikel (du blog: www.jardinerfute.com) , je savais que j’allais avoir du mal à rester dans le thème. Il n’y a en effet qu’un mot qui me tracasse dans cet énoncé : celui de « Nature »! Je salive déjà en songeant à tout ce que j’en pense, je me sens attiré vers le hors-piste avec délice. La carotte est trop juteuse et le fumet trop doux pour ne pas mordre à pleine narine le parfum de la polémique. J’inspire une grosse brassée d’air frais qui me gonfle le torse et me visse sur ma chaise, je suis prêt. Je la retiens une seconde encore. Puis elle échappe à ma gourmandise. Chaude, moite, morte. Je viens déjà de lui faire du tort à cette Nature qui me nourrit depuis mon premier souffle. J’augmente mon bilan carbone à chaque bouffée d’air pur. Ingrat et insupportable, laisse-moi te parler de la place que j’occupe dans la nature.. oups, pardon : de la place que je laisse à la nature.

REMETTRE LA NATURE EN CAUSE

Je trouve que la Nature c’est comme la liberté : tout le monde la convoite et souhaite la protéger mais personne ne l’appelle franchement de ses vœux.

Car pour commencer la Nature est profondément hostile, superficiellement bienveillante et bucolique.

Elle est dure et nous le savons bien. Elle est lente, partiale, impassible et froide, elle ne nous estime ni ne nous considère. Elle est indifférente. A nous, à notre sort, au fait que nous l’aimions ou non.

Thoreau n’en est-il pas revenu pour publier « Walden »? Son ode à la nature a fini par sortir des bois car pour son auteur également, la « Nature » a été un outil de composition et non une fin en soi.

Aujourd’hui, le discours écologique crépite dans de plus en plus de foyers, tout le monde se prépare à l’embrasement.

Mais doit on aimer la Nature pour être un écologiste ?

L’écologisme n’est il pas un mouvement citadin porté par des personnes qui n’ont depuis longtemps plus aucun rapport avec celle qu’ils défendent à corps et à cris ? Ça peut paraître violent mais dans son expression la plus radicale, je le vois parfois comme cela, comme une idéologie, ou plutôt des idéologies car on y trouve plusieurs tendances plus ou moins pathologiques.

MA DÉFINITION DE LA NATURE

Pour être plus clair, je devrais sûrement définir ce qu’est, à mes yeux la Nature.

La Nature, comme je l’entends dans ce texte, c’est tout ce qui est brut. Non transformé et immuable. Le vent, l’océan, le soleil, la pluie. Tout ce dont on doit se défendre.

Le reste : les plantes, les animaux, les écosystèmes en général, ce sont des résistants.

Et parmi tous les résistants, ceux qui le mieux et le plus rapidement, on su se prémunir de défenses et de confort contre la Nature, ce sont les êtres humains. Inférieurs en quelques points aux autres espèces vivantes et supérieurs en d’autres plus essentiels à mes yeux.

Je dois le dire, j’aime l’Homme au dessus de la Nature car il est plus misérable. Et puis il me ressemble tellement 🙂

Une autre vision est de dire que la Nature est aussi le souffle qui nous anime qu’elle est le Dieu des athées et les animistes. Je peux facilement être d’accord avec cette définition aussi, d’autant plus qu’elle clos le débat de savoir qui est la source des problèmes de l’autre. La Nature n’est alors plus à plaindre ou à protéger puisqu’elle est elle -même à l’origine de notre « nature humaine ».

LE CONTRAIRE DE LA NATURE

Pour encore mieux comprendre où je poste ma compréhension du monde (voire ma croyance), je préciserai ce que j’oppose à la Nature.

Je conçois que l’on puisse considérer la chimie de l’homme comme anti-naturelle, l’industrie et ses produits aussi, le transport et sa pollution aussi. Mais au point ou nous en sommes, n’est-il pas avouable de considérer nos actions et nos inventions comme des processus naturels, des productions naturelles puisque créés par des acteurs eux-même naturels ? Je suis sûr que si nous n’étions pas si nombreux à étouffer la planète comme des rats, toutes les avancées techniques et technologiques, aujourd’hui extrêmement discutables car sources importante de déchets, ne nous paraîtraient pas moins naturels que le barrage d’un castor qui dévie le cours d’une rivière pour assouvir ses besoins personnels.

Bref, le poison serait bel et bien dans la dose !

Je ferme la question en te demandant si la vidéo qui va suivre est contre-nature. Si tu te sens la force, réponds par oui ou par non dans les commentaires.

Attention, certaines images contenues dans cette séquence peuvent choquer les défenseurs de la nature:

Alors, l’action de l’homme est elle moins naturelle que l’action de la Nature elle-même ? Force est de se demander si nous voterions pour ou contre la prolifération des coucous et quel instinct diabolique les habite dès leur naissance.

LA FEMME EST-ELLE PLUS NATURELLE QUE L’HOMME ?

Plus spécifiquement à notre espèce on peut se demander si lHomme est aussi naturel que la Femme.

J’ai la chance d’avoir assisté à la naissance de ma fille il y a quelques mois, et durant les neuf mois de ce processus, j’ai mieux réalisé à quel point la femme était liée à la Nature. Bien plus que nous les hommes ne pourrions espérer l’être un jour. La Femme vit et subit « régulièrement » la nature dans sa chair. Par les menstruations d’abord et l’enfantement ensuite (puis encore par quelques sautes d’humeur inexplicables par-ci par-là:)).

Si l’on est d’accord pour affirmer que la Femme est plus naturelle que l’Homme alors je suis fier de dire que je lui laisse beaucoup de place dans la maison et dans le lit matrimonial (note d’ailleurs que l’on dit bien « matrimonial » pour un lit. Le reste c’est du patrimoine:))

LA NATURE DANS MON ACTIVITÉ

Maintenant venons-en aux faits. Pourquoi faire de la construction écologique si on considère que l’approche écologiste est généralement sur-faite ? Que la Nature peut bien se débrouiller toute seule ?

C’est vrai, je pense que nos déchets et nous, sommes aussi naturels qu’un chien incapable de vivre dans un milieu sauvage, qu’une araignée qui décide d’occuper un coin d’appartement plutôt que de se frotter à l’incertitude de la vie extérieure.

Oui, je pourrais penser que la ville protège la nature en confinant ses habitants loin d’elle. D’ailleurs la ville n’est pas une invention humaine, les termites, les fourmis, les guêpes, les hirondelles sont de véritables architectes qui construisent des cités pouvant prendre des envergures impressionnantes (et causer les déséquilibres environnementaux à des degrés que l’on n’imagine pas).

la nature

Ville de “cassique de montezuma”

Ville de termites

La nature

Ville de frelon

 

Oui, je pourrais même provoquer en disant que la pollution est aussi naturelle et injuste que l’éruption d’un volcan qui détruit toute trace de vie à des kilomètres à la ronde. Elle est certainement la souche de laquelle naîtra la prochaine forme de vie tout comme la « Grande Oxydation » qui fit apparaître l’oxygène sur terre (ou plutôt dans l’air) permit le développement de forme de vies primitives et initialement anaérobies.

La réalité est toujours plus complexe que ne l’imaginent les faibles capacités du cerveau humain. C’est une règle que l’histoire des sciences ne cesse de vérifier… En vrai, étant humain, je doute forcément, en écrivant cela, de l’extrémité de la trique à laquelle je me situe :p

Je ne me soucie donc pas excessivement de défendre la nature ni même la vie. Elles existèrent il y a des milliards d’années et poursuivront leur évolution en ne gardant de l’humanité qu’un souvenir anecdotique, une démangeaison passagère et laconique.

Deux petites vidéos pour te rappeler, si c’était nécessaire, que nous ne sommes rien dans l’espace ni dans le temps:

La nature la nauture

 

 

 

 

 

 

Par contre, je me soucie de l’évolution de l’humanité et, plus modestement, des enfants qui continueront à y naître chaque jour.

C’est la raison profonde qui me pousse à penser que le système d’habitation que nous connaissons dans le monde occidental moderne peut et doit être amélioré.

J’aime les systèmes et comme tout ceux qui aiment les systèmes, je les aime fonctionnels et optimisés.

Je ne supporte pas de me dire que l’on utilise quelque chose de néfaste alors qu’une alternative bénéfique existe. Je suis frustré de réaliser que des solutions attendent patiemment qu’on les implémentes. Ce n’est pas faute d’informations correctes, je ne crois pas. A mon avis l’information est là, disponible, mais c’est une chose de savoir et c’en est une autre de ressentir.

Ressentir quelque chose en soi c’est ce qui pousse à agir en ayant pleine conscience de la raison qui nous motive à agir. Cela fait la différence entre celui qui veut et celui qui fait.

Et pour transmettre cela il n’y a que les ambassadeurs, ceux qui guident par l’exemple et nous démontrent qu’une idée est bonne ou mauvaise et pourquoi.

Bien entendu, je rappelle que la raison d’être de l’habitat est bien sûr de nous protéger de la Nature donc de lui ôter de la place dans notre environnement direct. Mais si je peux faire ça avec des matériaux naturels et pertinents, c’est l’option que je retiendrai 😉

Pour conclure, la place que je laisse à la Nature dans mes activités est celle de la cohérence. Construire au lieu de détruire et ne pas construire quelque chose qui détériore plus qu’elle ne profite.

J’investis en l’Homme avant d’investir en la Nature. Cela sans pour autant souhaiter qu’il la domine, chose qui semble devenir une intention de moins en moins dissimulée.

Mais après tout, si le vaccin contre la mort était proposé pour soigner un parent que tu aimes, est-ce que tu y renoncerais ?

Sur cette note de transhumanisme, je te laisse la place dans les commentaires pour me répondre franchement.

Au plaisir !


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5 thoughts on “L’ACTION DE L’HOMME, PLUS NATURELLE QUE L’ACTION DE LA NATURE?”

  1. Difficile de commenter un tel article sans un ecrire un soi-même!
    La place que je laisse à la nature?
    Il faudrait définir place, laisser, et nature. Mais je dirai simplement que plutot que de parler de “laisser place”, il faudrait parler de “vivre ensemble”; que chacun y trouve sa place, de facon équilibrée.
    Quand plusieurs éléments arrivent à fonctionner ensemble pour former un organisme vertueux, alors la “place” de chacun est respecté.
    Si, comme c’est le cas avec les humains et la nature, l’un prend le dessus sur l’autre, alors c’est l’ensemble qui ne fonctionne plus. Et alors la fin n’est pas immédiate, néanmoins inéluctable.
    Donc je m’efforce de vivre AVEC la nature, et je culpabilise pour les autres qui ne le font pas 🙂

  2. Pour reprendre tes termes “tout est dans la dose” … Que si nous n’étions pas si nombreux, un barrage, une éolienne, ou une centrale ne seraient pas si différent du barrage du castor.

    Et on pourrait aller plus loin, et se demander si notre jugement de notre impact sur la Terre ne serait pas tout simplement complètement faussé par notre éducations, nos croyances.
    J’ai décidé en tant qu’écologue et qu’écologiste pendant des années à voir ce que l’Homme avait fait de répréhensible à la Nature, ô combien il était mauvais, agressif envers elle.
    Puis j’ai voulu voir plus loin, ne pas m’arrêter là. Et alors j’ai vu. Vu tous ces coraux et écosystèmes marins entiers qui se formaient à partir d’épaves en tout genres, j’ai vu toutes ces espèces animales, végétales, qui s’étaient fort bien adaptées à nos activités, voire qui les avaient tournées en leur faveur… Et là, on est perdu, on ne sait plus de quel côté notre coeur balance. Et si la vérité était justement au milieu ? Et si elle était impartiale, ni morale, ni immorale, mais AMMORALE, comme la Nature justement ? Et si, tout simplement, comme tu le dis très bien dans ton article, conscients qu’il y a du bon et du moins bon (comme il y a des animaux très mignons qui parfois font des choses très moches 😉 ) nous choisissions de nous inspirer de la Nature pour en tirer le meilleur, en tant que survivant ? Et si nous choisissions d’y voir l’espoir, les potentialités, bref, un immense terrain de jeu qui n’attend que d’être exploité ? C’est ainsi aujourd’hui en tant qu’écologue que je décide de voir les choses 🙂
    Ps: super article, plein de bon sens 😉

    1. Georges Carling… Une star!!! Ça a fait du bien cette petite piqure de rappel, merci! 🙂 Je ne suis pas aussi radicalement “carpe diem” mais le message est proche 🙂

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