Mortier chaux-plâtre | Une Incroyable Recette oubliée !

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Avant de commencer, note que dans cet article il sera traité de mortier chaux-plâtre et de mortier plâtre-chaux.

La différence ? Les dosages… même si la recette dite du « 1,2,3 » soit celle communément admise.

Ainsi, selon que l’on privilégie le plâtre ou la chaux dans le mélange, un des liants jouera le rôle d’adjuvant tandis que l’autre affirmera ses qualités naturelles.

Enduire un mur intérieur au plâtre et crépir un mur extérieur à la chaux est relativement courant dans l’imaginaire collectif.

Mais savais-tu que l’on peut faire un enduit de façade à la chaux aérienne CL90 et au plâtre ?

Il y a beaucoup à dire sur cet enduit chaux-plâtre. Les puristes me reprocheront peut-être l’approche un peu légère de ce sujet, mais mon but est la vulgarisation et non l’encyclopédisme.

En conséquence, je suis convaincu que les informations à venir raviront un grand nombre de curieux dans le bâtiment.

 

 

Plâtre et chaux : les fondamentaux

 

Le plâtre :

Le plâtre est issu de la cuisson à basse température (~150°C) du gypse.

staff et moulures en plâtre

staff et moulures en plâtre

Il a une prise très rapide mais son séchage à cœur est très lent.

Le plâtre a beaucoup été utilisé pour les enduits intérieurs de plafonds et de cloisons. Sa prise rapide et sa forme collante lui permettent des prouesses rares chez les matériaux naturels traditionnels.

Le plâtre a également une longue histoire dans les décorations d’intérieurs telles que les moulures ou les staffs.

La légère expansion exercée durant sa prise le rend notamment apte à chaque type de moulage car il pénètre facilement les aspérités des moules.

Aujourd’hui encore il est présent dans presque tous les intérieurs sous la forme de plaques de plâtre appelées « placo ».

 

La chaux :

La chaux est issue de la cuisson à température élevée (~1000°C) de roches calcaires.

Elle est classée en deux familles :

Les chaux aériennes et les chaux hydrauliques.

Ces deux formes en font deux matériaux similaires en apparence, mais très différents dans leurs applications.

Les chaux hydrauliques sont préférablement destinées aux travaux de maçonnerie et aux enduits bruts.

La chaux aérienne, elle, trouve une place de choix dans les travaux de finition car elle est plus « sophistiquée ».

Pour aller plus loin au sujet de la chaux, je t’invite à cliquer ici : Chaux Hydraulique et Chaux Aérienne | les 8 différences essentielles

 

Deux caractères bien différents

Pour le novice, chaux et plâtre ne sont pas rigoureusement différents… c’est pourtant le cas!

Ils ont chacun leurs fonctions, leurs qualité et leurs défauts.

C ‘est une grave erreur de les utiliser indifféremment l’un et l’autre.

Chaux et plâtre sont tous les deux de couleur blanche, ils sont tous les deux en poudre (à l’exception de la chaux en pâte) et conditionnés en sac.

Cependant, avant même d’avoir ouvert le sac d’emballage on peut remarquer que le plâtre est largement plus dense et pesant que la chaux. En particulier par rapport à la chaux aérienne.

Je précise d’ailleurs que je me concentrerai principalement sur la chaux aérienne dans cet article car c’est celle que l’on utilise dans les formulations de mortier chaux-plâtre (MPC).

Voyons plus en détail les différences (à épaisseur et temps de prise égaux) entre ces deux liants minéraux.

 

 

 

 

 

La chaux aérienne dans le mélange permet donc de retarder la prise du plâtre pour faciliter son application.

Mais ce n’est pas tout.

Combinés, ces deux éléments génèrent une résistance qui dépasse largement leur résistance intrinsèque.

Si le plâtre peut résister à 10Mpa de compression et la chaux aérienne à 2Mpa, combinés ils dépassent les 28Mpa !

Cette information fait suite à une de mes lectures mais ne retrouvant plus la source, ce dernier chiffre est à prendre avec réserve.

Néanmoins, l’ajout de chaux dans le plâtre lui confère une résistance mécanique bien supérieure.

Ce phénomène est dû, pour partie, à la cristallisation plus lente de la chaux aérienne qui profite de l’humidité retenue par le plâtre (plus une chaux aérienne tire vite, moins performante elle sera).

Ce mélange permet également au plâtre de faire face au risques d’eau. Point important car c’est le talon d’Achille bien connu de ce matériau.

Tout cela, sans retirer leurs qualités perspirantes aux deux matériaux et en autorisant des badigeons de chaux ou tout type de finition.

 

 

L’erreur commune à éviter

Une erreur commune est de mélanger le plâtre à un liant hydraulique comme la chaux hydraulique (NHL2, NHL3,5, NHL5) ou le ciment.

Même si le désordre lié à ce mélange ne sautera pas directement aux yeux, il produira une incompatibilité chimique durant la prise.

Celle-ci donnera lieu, lors de la cristallisation du mortier, à l’apparition de sels et à une expansion exagérée !

Ce phénomène, appelé « ettringite expansive », produira des fissurations incontrôlées et détériorera considérablement l’enduit.

Mortier chaux-plâtre ettringite

Phénomène d’ettringite – Photo: ALAIN GREFF

Mortier plâtre-chaux ettringite

Phénomène d’ettringite – Photo: ALAIN GREFF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si les «circonstances» obligent à un tel mélange (qui n’a jamais pêché me jette la première molasse), privilégions une chaux faiblement hydrauliques (type NHL 2) et évitons l’utilisation en extérieur.

 

 

 

 Article connexe :

>>> Enduits à la chaux | 7 Conseils pour bien les rater <<<

 

 

 

MPC, « 1, 2, 3 », plâtre du Marais, plâtre de Paris : la recette !

La recette traditionnelle du mortier plâtre-chaux s’appelle couramment le « 1,2,3 », « MPC », « plâtre du Marais » ou encore « plâtre de Paris ».

« Plâtre du Marais » et « plâtre de Paris » tirent leur origine du XVIIIe siècle. Période durant laquelle les carrières de plâtre étaient très nombreuses en Ile-de-France.

Le plâtre y était prisé pour ses qualités de résistance au feu et sa polyvalence.

A cette époque, et jusqu’au XXe siècle, un grand nombre d’enduits de façades et décorations de façades ont été conçus en mortier plâtre-chaux.

Celui-ci fit d’ailleurs la preuve de sa durabilité en extérieur puisqu’il continue d’habiller nombre de bâtiments 300 ans plus tard.

Le terme « 1,2,3 » désigne le mnémotechnique utile à la réalisation du mélange.

Modénature en mortier chaux-plâtre

Modénature en mortier chaux-plâtre

 

La recette étant :

1 volume de chaux aérienne

2 volumes de sable sec

3 volumes de plâtre gros


La quantité d’eau est comme toujours variable mais 1,5 volumes d’eau convient aux enduits.

(Pour les plus protocolaires, suivre le DTU 26.1 Travaux d’enduits et de mortiers)


Attention, l’emploi de plâtre gros (et non de plâtre fin) non adjuvanté est capital !

 

 

Je profite de cet article pour t’informer du lancement à venir ma Formation sur les Enduits Intérieurs à la Chaux.

Si tu est curieux clique ici.

 

 

 

 

La disparition de la chaux aérienne et du plâtre

La raison pour laquelle l’ usage de ce mortier a en partie disparu est liée a l’avènement du ciment au début du XXe siècle.

L’engouement pour ce matériau fini par rendre désuet l’utilisation du plâtre-chaux car ce dernier ne s’accommodait pas du nouveau liant hydraulique.

Avec le plâtre, c’est aussi la chaux aérienne qui disparut des habitudes de chantiers, puis de la circulation.

Aujourd’hui, la résultante des malfaçons dans le bâti ancien (+ de 100 ans) permet de reconsidérer la chaux sous un nouveau jour.

Et c’est heureux ainsi 🙂

 

 

Le secret du plâtre-chauxle Secret du chaux-plâtre

Durant les ingrates générations qui abandonnèrent l’utilisation du mortier chaux-plâtre, se perdirent également quelques secrets d’utilisation bien gardés.

Je ne serais pas en mesure de divulguer le plus petit de ces mystères mais je trouvais le titre « Le secret du chaux-plâtre » kiffant 😀

Par contre, je peux dire que les qualités de produit et de production s’étant considérablement améliorées depuis le XVIIIe siècle, les recettes de l’époque nécessiteraient probablement une révision aujourd’hui.

 

 

 

Cet article t’intéressera également :

>>> Chaux Hydraulique et Chaux Aérienne | les 8 différences essentielles <<< 

 

 

Mortier chaux-plâtre et plâtre-chaux

La recette du «  1,2,3 » ne serait donc pas la seule formulation de ce mélange ancestral.

Selon l’utilisation finale du mortier, on peut allègrement décider de varier les proportions et s’écarter des normes dictées par le DTU.

La chose importante à garder en tête étant qu’en faisant cela on soulignera telle ou telle caractéristique de la chaux ou du plâtre.

 

On peut par exemple:

  • Réduire la quantité de plâtre si l’on souhaite augmenter le temps de prise.
  • Inverser les rapports entre plâtre et chaux aérienne si l’on souhaite juste éviter la fissuration d’un enduit de corps tout en accélérant sa prise.
  • Diminuer a quantité de sable si on cherche un mélange plus pâteux et que la résistance mécanique n’est pas une priorité.
  • Etc…

 

L’idée étant que selon la dominante choisie, un liant restera le liant et l’autre deviendra l’adjuvant conditionnant l’ouvrabilité du premier.

Bref, on peut faire sa sauce et l’adapter au besoin du moment.

Par contre en extérieur, je conseille vivement de suivre la bonne vieille technique du Marais.

Simple et efficace !

 

Pour finir, si tu cherches un enduit très résistant et pourtant propice a un travail de finition, l’enduit de Paris est celui qu’il te faut.

Ensuite, si tu apprécies mes articles n’hésite pas à les partager et à le dire dans les commentaires !

Au plaisir !


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15 thoughts on “Mortier chaux-plâtre | Une Incroyable Recette oubliée !”

  1. Bonjour,
    Je viens de découvrir ton site. ce que j’ai lu m’a plu. Je suis totalement néophyte, je viens juste de finir mon premier corps d’enduit dans la salle de bain. C’est pas si mal. Reste l’enduit de finition et le badigeon, d’ailleurs merci du conseil pour le badigeon sur l’enduit frais.
    Mais ma question concerne cet article. Je cherche à faire un enduit de lissage pour la chambre. j’ai fait tomber du plâtre mort (ancienne humidité résolue), reste l’ancien enduit chaux (bon) et de grandes surfaces de bon plâtre. Et mettre un enduit du commerce sur cette chaux me paraît une aberration, et faire un enduit fin à la chaux n’ira pas avec le plâtre. (je sais il faut tout faire tomber mais les murs sont grands). J’ai aussi ailleurs une couche acrylique sur plâtre qui est très résistante.
    Que me conseillerais-vous? Puis-je adapter cette recette (donnée pour l’extérieur) ?
    J’envisage après une peinture à la caséine ou un badigeon.
    Merci de votre réponse
    Evelyne

    1. Bonjour Evelyne,

      Bravo pour vos travaux, vous avez l’air très impliquée 🙂

      La chaux ne tient pas sur l’enduit plâtre car
      * le plâtre adore stocker l’eau alors que la chaux s’en passe volontier. Du coup il ne travaillent pas pareil et un cisaillement entre les deux couches peut se produire
      * le plâtre absorbe toute l’eau de l’enduit à la chaux avant que celle-ci ait eu le temps de carbonater (prise lente = chaux solide)
      * le plâtre poudre finement et continuellement ce qui n’offre aucune surface d’accroche durable à la chaux.

      Mais il y a une solution. En appliquant une sous-coucche (il en existe des naturelles) sur le plâtre on règle en partie ces trois problèmes.
      La support devient alors plus homogène et durable.
      Il faudra penser à ajouter du grain à la sous-couche pour aider l’accroche mécanique de l’enduit à la chaux (1 à 2 poignées de sable/litre de sous-couche)

      Dilème: On perdra un peu le coté perspirant du complexe de mur :/

      Sur la peinture acrylique resistante: sous-couche sablée également.
      Comme la peinture tient bon, ça va le faire. Sur une glycero, il aurait fallut “dégraisser” au cristaux de soude + eau chaude puis poncer.

      Du coup, pas besoin d’utiliser de chaux-plâtre.

      Merci de votre question 🙂

      Gautier

  2. Sur Marseille, dans les années 1850 1900, quelle était la nature de ce plâtre (légèrement rosé) que l’on trouve sous les enfustages des escaliers. Il semble contenir du sable. Ce mélange améliorait il ses caractéristiques mécaniques??

    1. Bonjour,

      Je ne suis pas certain de pourvoir vous répondre avec précision mais je pense que la teinte colorée peut venir de la couleur du sable.

      Effectivement, le sable solidifie nettement le plâtre. Pour le chaux-plâtre, il est un facteur de résistance évident.

      Bonnes fêtes,

      Gautier

  3. Bonjour,
    Bon, après ces fêtes (bonnes j’espère) je reprends mon chantier. Merci de ta réponse. J’avais envisagé cette solution et, pour ne pas perdre le côté perspirant du mur j’ai pensé fabriquer une colle caséine diluée dans la chaux mais en laissant celle-ci se déposer, prendre juste le liquide auquel j’ajoute un sable fin. Même chose pour l’acrylique. cela te paraît-il faisable? et dessus un enduit chaux + caséine probablement.
    Je suis de la génération “bétonnage outrancier”, de voir enfin la reconnaissance de ce non sens me fait garder espoir. Courage!
    Meilleurs vœux et merci d’avance pour ta réponse.
    Evelyne

    1. Bonjour Evelyne,

      Je ne sais pas trop quoi dire car je ne connait pas cette formulation.
      Je ne peux que te faire suivre ce document contenant pas mal de “recettes”, dont celle de la sous-couche à la caséine.
      https://faisons-le-mur.com/wp-content/uploads/2018/05/Bonus-21-Recettes-2.0.xlsx
      Si vous utilisez la sous-couche à la caséine sur le plâtre soyez généreuse car le plâtre est très “gourmant” 🙂
      Bon chantier de fêtes !
      Gautier

  4. Bonjour,
    Merci pour la vulgarisation apportée ici, c’est très éclairant. J’ai mis un badigeon sur un mélange chaux-plâtre, et ce badigeon de chaux a écaillé par endroit. Comment éviter ce phénomène ?
    A noter que je n’ai pas mis de sous-couche exprès, je veux conserver les propriétés perspirante (c’est pour une salle de bain).
    Cdt.

    1. Bonjour,

      Il m’est arrivé le même phénomène avec une peinture au fromage blanc sur enduit chaux-plâtre.
      Elle s’est écaillé, mais juste à certains endroits.

      J’imagine que votre badigeon était assez couvrant.

      Je pense qu’il s’agit de l’absorption d’eau plus importante liée au plâtre. La peinture sèche avant d’avoir eu le temps de se fixer au support.
      Une solution serait d’effectuer la couche de badigeon dans la même journée que l’enduit pour que les matériaux tirent ensemble.

      Humidifier le support au badigeon liquide juste avant la couche finale peut également être tenté (cela saturera un peu l’enduit).

      Dans tous les cas je rajouterai de la caséine (5% à 10% du volume de chaux) ou du sel d’alun (une à deux poignées par sceau de badigeon (de 10L)) aux mélanges. Ce sont des fixatifs naturels.

      Bonnes fêtes !

      Gautier

  5. Bonjour Gautier,
    Je te remercie pour ce lien. Je faire des essais de la formulation caséine diluée dans la chaux sur un morceau de béton cellulaire. Je te ferai un retour.
    Pour te faire un retour sur la visibilité du document; pas de soucis pour l’organisation des pages (bravo pour le boulot), juste au niveau du confort de lecture, il faudrait ajuster un peu plus les cases au contenu.
    J’ai lu ta réponse à Stéphane. Je croyais que le fixateur sel d’alun ne concernait que celle des pigments.
    Bon je me rends compte que je ne suis plus dans la bonne rubrique du coup.
    à bientôt,
    Evelyne

  6. Bonjour,
    je vous présente mon chantier. Il y a 3 ans, j’ai racheté un petit immeuble à Perpignan, donc dans le 66, sud de la france. La construction date des années 30
    3 niveaux, 3 appartements. Le rez de chaussé était trés humide, et le 1er avait un mur qui dégouliné d’eau.
    J’ai donc décrouté les murs intérieurs du Rez-de chaussé, sur toute la hauteur: 3m60.
    Mur de 60cm en pierre de rivière liée sable/???, et enduit de finition ciment et plâtre par endroit, plâtre à d’autres.
    J’ai également fait sauté les carreaux ciment sol du Rez-de-chaussé.
    J’ai refait intégralement l’appartement du 1er, donc il s’est passé 1an1/2. Aujourd’hui et trés rapidement, plus aucune trace d’humidité. Je pense que les murs sont bien secs, et j’envisagé cette semaine de les reprendre. Ce n’est pas moi, mais mon maçon qui va faire le travail, je lui fourni les matériaux te la procédure. Je bani le ciment et favorise les matériaux naturels, mais je n’ai pas d’expériences dans ce domaine.
    Sur le 1er mètre bas, on a décrouté parfois sur presque 10cm.
    Comment dois-je m’y prendre et quels produits?
    Merci.

    1. Bonjour Philippe,

      Super boulot !

      Bien, pour l’enduit il va falloir commencer parfaire un gobetti (1chaux hydraulique, 2 sable0-4) et une couche de corps à la chaux (1chaux hydraulique, 3 sable0-4).
      Vu l’épaisseur (10cm par endroit) un petit maçonnage à la brique/pierre serait surement utile.
      Pour toute épaisseur dépassant 3cm il sera indispensable de fibrer l’enduit de corps (fillasse de chanvre, par exemple).

      Puisque le mur semble sain, inutile de penser à bloquer l’humidité. Sinon remplacer un tiers du sable par de la puzzolane.
      Dans l’idéal, il faudra décrouter également le mur extérieur (ciment). Au moins sur un mètre et ensuite refaire un soubassement perspirant à la chaux (même procédé).

      Une fois que votre enduit de corps aura tiré (trois semaines min selon épaisseur) effectuez une finition à la chaux aérienne (1 chaux, 3-4 sable0-1-2).

      Voilà pour les pratiques courantes, j’espère que je ne réponds pas trop tard :p

      Bon chantier !

      Gautier

  7. Bonjour Gautier,

    Merci pour cet article pertinent. Je m’apprête à faire un enduit MPC sur un mur intérieur de maison GREB. Penses-tu que l’on puisse gâcher ce mortier à la bétonnière comme un mortier de chaux sable?

    merci

    1. Bonjour Frédéric,

      premièrement j’aurais envie de répondre: “ça dépend de la taille de la béto” 😀 😀

      Le mur est déjà monté et tu veux juste faire un enduit par-dessus.

      Dans ce cas je ne vois pas l’utilité de faire un enduit MPC car son ouvrabilité sera réduite (il va tirer bien plus vite). L’application n’en sera pas plus agréable 🙁

      Y a-t-il une subtilité que je ne saisis pas ???

      A très vite,

      Gautier

      1. Bonjour Gautier,

        Nous avons construit notre maison avec la méthode GREB entre 2013 et 2016. Mais certaines finitions restent en suspens, attendant le temps, les idées et parfois les finances. Les mois passent, les retours d’expériences parlent, les choix techniques se précisent.

        Dans les pièces dans lesquelles nous vivons, l’enduit est un mortier chaux sable en trois passes (espacées de plusieurs semaines) projeté à la main. C’est un professionnel qui m’a accompagné pour assurer un rendu très propre, pendant que j’étais le manoeuvre à la beto et à la brouette. Le rendu au bout de 2ans et demi est impeccable.

        Ce même type d’enduit est en cours d’application en extérieur:
        – la façade nord a été projetée en 2 fois, la deuxième couche a fresco l’après midi de la première couche en septembre 2017. Cette façade présente des fissures dont l’ouverture varie avec l’hygrométrie.
        – de ce fait les façades Sud Est et Ouest n’ont reçu qu’une seule couche d’enduit fin octobre 2017 dans l’espoir que la deuxième couche viendrait l’année suivante boucher les fissures qui sont apparues afin d’avoir un meilleur rendu. Cette deuxième couche n’a pas pu être mise en oeuvre l’automne dernier, elle est programmé pour ce printemps.

        Je me suis renseigné sur les différentes façons d’enduire et je suis tombé sur le MPC et suite à ces expériences, le plâtre ne présentant pas de retrait, je voulais tester sur un petit mur intérieur de garage (8m2 avec peu d’attente de résultat esthétique) un enduit MPC en une seule passe cet hiver (gain de temps par rapport à trois passes).
        Je voudrais faire ce type d’enduit par curiosité afin de comparer avec un enduit chaux sable traditionnel, mais aussi afin de comparer avec d’autres enduit terre, chaux terre intérieur et extérieur que j’ai appliqué sur des murs terre paille, voir leurs rendus esthétiques leurs facilités de mise en oeuvre sur le GREB, leurs tenues dans le temps (les enduits terre poudrent pas mal par exemple).

        Je connais mal le plâtre mais il me semble que la gâchée de plâtre se fait dans une auge avec un temps de repos. L’application doit être rapide car la prise est rapide, et donc les gâchées sont de faibles volumes donc nombreuses.

        Dans ton article tu précises:
        “On peut par exemple:
        -Réduire la quantité de plâtre si l’on souhaite augmenter le temps de prise.
        -Inverser les rapports entre plâtre et chaux aérienne si l’on souhaite juste éviter la fissuration d’un enduit de corps tout en accélérant sa prise.
        -Diminuer a quantité de sable si on cherche un mélange plus pâteux et que la résistance mécanique n’est pas une priorité.
        Etc…”

        Pour en revenir à ma question initiale, pour ma bétonnière électrique de 160L, dans laquelle je mets maximum 6 seaux pour éviter que ça déborde, pour un enduit de 1 à 2cm d’épaisseur en fonction de l’application de cet enduit il me faudrait entre 80 et 160 L d’enduit.

        L’adjonction de chaux et de sable au plâtre permet-elle un gâchage et une application du mortier MPC comme un mortier chaux sable ou au contraire son gâchage et son application seront-t-ils plus proche de celle d’un plâtre?

        Merci pour tes retours

        1. Bonjour Frédéric,

          Merci pour cet email détaillé.

          Je me suis renseigné sur les différentes façons d’enduire et je suis tombé sur le MPC et suite à ces expériences, le plâtre ne présentant pas de retrait, je voulais tester sur un petit mur intérieur de garage (8m2 avec peu d’attente de résultat esthétique) un enduit MPC en une seule passe cet hiver (gain de temps par rapport à trois passes).
          ==> Effectivement Il y a moins de passe avec le MCP. Par contre le gobetti reste de rigueur

          (les enduits terre poudrent pas mal par exemple)
          ==> Hmm, le taux d’argile ne devait pas être suffisant. Solution: réduire la proportion de charge (sable).

          Je connais mal le plâtre mais il me semble que la gâchée de plâtre se fait dans une auge avec un temps de repos. L’application doit être rapide car la prise est rapide, et donc les gâchées sont de faibles volumes donc nombreuses.
          ==> C’est exact mais le MCP se prépare comme un enduit chaux-sable. Si la plâtre est majoritaire on le mélange tous les secs (chaux, sable, plâtre) et on mouille progressivement des petites quantités de mix.
          Si la chaux est majoritaire, on peut préparer la gâchée chaux-sable et on ajoute le plâtre à la toute fin

          Pour en revenir à ma question initiale, pour ma bétonnière électrique de 160L, dans laquelle je mets maximum 6 seaux pour éviter que ça déborde, pour un enduit de 1 à 2cm d’épaisseur en fonction de l’application de cet enduit il me faudrait entre 80 et 160 L d’enduit.
          ==> 10L de sable humide = 1m2 en 1cm d’épaisseur (un peu moins pour du sable sec)

          L’adjonction de chaux et de sable au plâtre permet-elle un gâchage et une application du mortier MPC comme un mortier chaux sable ou au contraire son gâchage et son application seront-t-ils plus proche de celle d’un plâtre?
          ==> Je conseille plutôt l’adjonction de plâtre au chaux sable (on ajoute le plâtre à la toute fin).
          Idée de recette: 3 chaux aérienne, 9-10 sable, 1 plâtre
          Commence peut-être par une demi béto pour évaluer le temps de tirage. L’idée étant que tu aies le temps de faire une finition qui te satisfasse 😀

          Bon chantier et bravo pour tes entreprises!!! 😀

          Gautier

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