Isolation Mur en Pisé | Comment isoler par l’intérieur ? 

Tu cherches à isoler un mur en pisé pour améliorer le confort thermique d’une maison ? Tu as lu un tas de choses sur ce sujet, des articles sur internet, ou des discussions sur des forums. Tu as l’impression que chacun défend un peu sa paroisse ou sa vision, sans s’appuyer sur des éléments tangibles et scientifiques ? Tu aimerais avoir une vision globale et tout savoir sur l’isolation des murs en pisé ? Techniquement, quels sont les phénomènes touchant ce mode de construction en terre crue ? Dans cet article, qui se veut très complet, j’ai sollicité l’intervention de Cédric Giral Ingénieur en arts et métiers et spécialiste du bâti ancien pour nous éclairer sur les bonnes pratiques de cette technique d’écoconstruction traditionnelle. Tu découvriras des retours d’expériences avec leur bilan, les règles de l’art du pisé et l’avis concret des chercheurs sur ce thème. Si tu as envie de comprendre les caractéristiques du pisé et les techniques de protection contre l’humidité associées, c’est ici que ça se passe, alors, prêt, feu, partez !

Cedric Giral

Cédric Giral

Comment bien isoler.com

Je suis très heureux de faire un bout de mur avec Gautier en ajoutant ma pierre qu’est cet article 🙂

J’apporte un éclairage scientifique aux personnes qui choisissent leurs travaux de rénovation, notamment sur la performance thermique.

Je suis ingénieur Arts et Métiers, ouvrier en restauration du bâti ancien, et surtout je suis passionné par la construction.

Voyons donc comment bien isoler un mur en pisé, dans les règles de l’art.

Quelles sont les règles de l’art de cette vieille technique du bâtiment traditionnel ?

Le bâti ancien est un sujet passionnant sur lequel il nous reste encore des choses à découvrir. De ce fait, les méthodes adaptées pour l’entretenir sont encore loin de s’imposer comme la norme.

Certes, on peut isoler du pisé avec de la laine de verre et des plaques de plâtre. C’est la solution la plus répandue et aussi le moyen « prête à poser » le moins cher. 

Toutefois, cette solution n’est pas vraiment satisfaisante, car elle peut conduire à la ruine du mur par excès d’humidité ! 

Le pisé est une technique de construction en terre compactée. On compterait environ 1 million de maisons en pisé en France, et le tiers de l’humanité vivrait dans un habitat constitué de terre.

Étonnement, il n’y a pas de normes NF DTU qui concerne ce type d’ouvrages et encore moins d’avis techniques.

Pourtant, les artisans se basent sur ces 2 types de documents pour réaliser leurs ouvrages, respecter les règles de l’art, et ainsi être assurés en cas de sinistre.

Pourquoi n’existe-t-il pas de telles conformités pour le pisé ?

Tout simplement parce que ce mode de construction local et ancestral était utilisé avant la naissance des compagnies d’assurances.

Il a été remplacé par des matériaux normés, comme le parpaing et les briques.

isoler pisé

Les règles de l’art concernant le pisé ne se trouvent pas dans les normes.

Mais cela n’empêche pas d’une part que ce matériau soit bien connu, et d’autre part que certains matériaux isolants soient eux sous avis technique. Néanmoins, il existe des documents qui rassemblent ses bonnes pratiques. Ce ne sont pas des normes, mais cela constitue les règles de l’art appartenant à cette technique. Par exemple, citons ici le guide des bonnes pratiques de la construction en terre crue.

Quelles sont les caractéristiques du pisé ?

L’une des plus connues, c’est sa faculté à recueillir la condensation de surface dans des micropores. La déperdition réelle d’un mur en pisé est largement inférieure à ce que prévoient les calculs basés uniquement sur sa capacité d’isolation ou plutôt sa résistance thermique R. 

Les valeurs correctes s’obtiennent à l’aide de Simulations Thermiques Dynamiques bien plus élaborées. Passons en revue les propriétés qui expliquent ces différences.

Inertie et déphasage

Le pisé est un matériau lourd et réclame une réalisation en murs épais. Il apporte donc une inertie importante, à condition de ne pas être (trop) isolé thermiquement côté intérieur.

Cela explique en partie sa bonne gestion naturelle de la chaleur en été.

De plus, il présente un déphasage important : l’onde de chaleur met beaucoup de temps à traverser un mur en pisé.

Changement de phase de l’eau

Il y a des phénomènes d’évaporation d’eau en été qui absorbent une certaine quantité de chaleur, et des phénomènes de condensation d’eau en hiver qui libèrent aussi une certaine quantité de chaleur.

Ces changements de phases apporteraient de la fraîcheur en été (économies de climatisation) et un apport naturel de calories en hiver (économies de chauffage).

Hygroscopique et capillaire

En matière d’hygroscopie, le pisé régule le taux d’humidité ambiant par les phénomènes d’aDsorption et d’aBsorption.

ADsorption : Capacité à recueillir la condensation de surface dans des micropores.

isolation pisé

Concernant la capillarité, c’est la « suite » de l’aDsorption, en profondeur : le matériau conduit l’eau sous forme liquide microscopique. Cela s’appelle aussi l’aBsorption. L’eau peut « monter » dans le matériau s’il est sec, comme dans un sucre immergé à moitié dans du café. C’est ce que montre la figure 6.5 de la thèse de Lucile Soudani sur le pisé (1).

isoler pisé capillarite

Perméabilité à la vapeur d’eau

Il laisse transiter la vapeur d’eau facilement. Les changements de phase, les flux d’eau, de vapeur, se retrouvent sur la figure 6.1 de la thèse de Lucile Soudani. (1).

isoler pisé effusivité

Effusivité et capacité calorifique

Sa effusivité thermique demeure assez élevée. Donc, la sensation de paroi froide intervient assez rapidement quand la température de surface descend.

Ensuite, sa capacité à capter la chaleur du soleil est prouvée. Lucile Soudani montre, instrumentation d’un mur à l’appui, que l’onde de chaleur associée à l’ensoleillement pénètre dans la maison vers 3 h du matin.

Y a-t-il de l’humidité dans un mur sain ?

Oui, il y a de l’humidité dans le pisé. C’est la conséquence logique des propriétés que l’on vient de voir.

D’abord l’hygroscopie lui fait capter l’humidité présente dans l’air intérieur et extérieur. Puis la capillarité associée au fait d’être construit sur un soubassement en pierre sans rupture de capillarité le rend apte à gérer l’humidité.

En effet, nous utilisons dans les constructions d’aujourd’hui du béton armé (moins capillaire que la pierre) et pourtant nous plaçons des ruptures de capillarité : bande de bitume armé, feuille de polyéthylène ou hydrofuge.

rupture capillarité

Feuille de polyéthylène pour couper les remontées capillaires

Le mur en pisé tolère la présence d’humidité, dans la limite du raisonnable, c’est-à-dire celle qui n’a pas été dépassée pendant les décennies qui viennent de s’écouler.

Comme le montre cette illustration de Pascal Scarato (Architecte de la SARL ABITerre) et Thierry Loison — Revue Qualité Construction n° 143 :

Le mur en pisé « joue » avec l’humidité, elle n’est bloquée nulle part :

isoler pisé quel isolant

À partir de quand il y a-t-il trop d’humidité dans un mur en pisé et quelles sont les causes ?

Les zones sensibles

L’isolation modifie l’équilibre hydrique que l’on vient de voir et peut créer des zones de forte humidité. Le risque est alors l’effondrement.

En effet, le bas du mur en pisé est une partie humide, car elle est : 

  • proche des remontées capillaires ;

  • à proximité des eaux de rejaillissement (la pluie qui rebondit) ;

  • situé sur une zone où l’eau descend par gravité.

Puis, à cause de la logique des descentes de charges, c’est la partie la plus sollicitée mécaniquement, puisqu’elle porte tout le bâtiment qui se trouve au-dessus.

Il convient donc de perturber le moins possible un équilibre déjà remarquable.

Cet éventuel excès d’humidité ne se produit pas uniquement à la suite d’une isolation mal choisie, loin de là !

Les causes

Il y a deux facteurs qui augmentent le taux d’humidité que peut raisonnablement contenir le pisé : 

  1. L’augmentation des apports en eau. 

  2. La diminution des voies d’évacuation de l’eau.

1. Causes de l’augmentation des apports en eau dans le pisé

  • Sous-sol extérieur ou intérieur surélevé par rapport à l’origine.

  • Sous-sol extérieur ou intérieur humide en permanence (revêtement qui empêche de sécher).

  • Sol extérieur en pente vers le mur.

  • Défaut d’étanchéité en toiture.

  • Défaut d’étanchéité d’un appui de fenêtre.

  • Vapeur d’eau dans le logement dû à une température plus élevée et une ventilation naturelle plus faible qu’à l’origine.

  • Vapeur d’eau et condensation dans l’isolant intérieur.


2. Facteurs de diminution des voies d’évacuation de l’eau contenue dans le pisé

  • Enduits ou isolant extérieur qui freinent le séchage et la migration capillaire.

  • Enduits ou isolant intérieur qui freinent le séchage et la migration capillaire.

Sur le site lamaisonsaintgobain.fr on retrouve ce schéma qui illustre ces phénomènes, tout comme celui de Pascal Scarato juste après :

isolant pisé
schéma isolation pisé

On visualise bien les nombreux remaniements de l’ouvrage en pisé pouvant venir perturber le fonctionnement initial du mur.

Néanmoins, aucun d’eux ne peut être considéré comme « rédhibitoire », ce sont simplement des facteurs qui s’ajoutent les uns aux autres, et qui expliqueront telles ou telles pathologies futures dans l’ouvrage.

S’il n’y a eu aucune modification depuis 20 ans, que le bâti est stable, et que l’usage n’est pas voué à être modifié (un bâtiment inhabité qui va soudainement l’être notamment), c’est déjà bon signe. 

Mais, ces informations ne sont pas toujours disponibles.

On dit souvent de remédier à tous ces problèmes avant d’isoler. Théoriquement, c’est juste, toutefois, dans la pratique c’est souvent compliqué.

Je vous recommande de diagnostiquer le mur et même la maison. À la lumière des différents sujets évoqués juste avant et de tout résoudre. C’est la meilleure façon d’agir pour prolonger l’existence de ce mur de quelques siècles, et garantir la sécurité des habitants.

Isolation pisé : sur quels critères se baser ?

Pour isoler un mur en pisé, on va donc surtout chercher à : 

  1. Ne pas lui apporter d’humidité supplémentaire.
  2. Ne pas l’empêcher d’évacuer de l’humidité.
  3. Mettre en place une isolation efficace.
  4. Entretenir une isolation efficace dans le temps.
  5. Opter pour une protection dont le savoir-faire est répandu.

Comment isoler un mur en pisé par l’intérieur ?

Pour t’aider à faire ton choix, voici les combinaisons possibles et l’évaluation de l’efficacité de chacune.

Laine de verre + placo

Comme je le disais en introduction, c’est une solution très répandue. Les raisons sont simples : c’est la solution prête à poser le moins cher. De plus, les performances annoncées sont excellentes et le savoir-faire demeure très répandu.

Oui, mais… Tu te doutes bien de ce qui coince après tout ça  😅

Le placo et la laine de verre sont perméables à la vapeur d’eau. (On suppose là une pose sans pare-vapeur scotché). Tu me diras : « très bien, ils sont perspirant ! » et tu seras en accord avec de nombreux conseils entendus par ci par là.

Mais, sais-tu dans quel sens circule la vapeur d’eau ?

Pour le savoir, voyons encore une fois les résultats de Lucile Soudani, à la suite de sa campagne de mesures dans le cadre de son travail de recherche.

Les taux d’humidité relative mesurés pendant un an dans la maison n’ont rien d’incroyable, on remarque surtout un air bien équilibré :

Mesure d'humidité

L’humidité relative est toujours plus faible à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ce qui est intéressant, c’est de visualiser la pression de vapeur, car c’est elle qui cherche un équilibre perpétuel, et qui crée les flux :

pression de vapeur

La pression de vapeur est plus importante à l’intérieur donc la vapeur d’eau migre de l’intérieur vers l’extérieur (si l’on ne l’empêche pas de le faire).

C’est le pisé qui permet cela et le placo ainsi que la laine de verre le font aussi.

Mais, dans ce petit jeu, le phénomène de condensation intervient, sinon ce serait trop simple !

En effet, au fur et à mesure que la vapeur d’eau traverse l’isolant, à l’échelle microscopique, elle rencontre de l’air de plus en plus froid, jusqu’à atteindre le point de rosée.

Alors de l’eau sous forme liquide se forme.

En réalité, cela aurait dû se produire au cœur du mur en pisé, qui est capillaire et qui a « l’habitude » de gérer ça.

Mais dans ce cas de figure, le phénomène se manifeste dans la laine de verre, alors que celle-ci ne sait pas l’évacuer.

On obtient donc une quantité d’eau importante coincée entre le placo et le pisé, qui provoque une humidité néfaste au mur. Sa propre humidité ne peut alors pas se libérer. Par conséquent, les performances de l’isolant sont fortement dégradées.

migration vapeur d'eau mur en pisé

C’est la migration de vapeur d’eau de l’intérieur vers l’extérieur, associée à la non-capillarité de la laine de verre qui pose le problème principal dans ce cas-là.

Et si on ajoutait un pare-vapeur ? Tu as raison, voyons ensemble ce que ça donne !

Laine de verre + pare-vapeur + placo

Pour éviter la migration de vapeur à travers l’isolant, il suffit d’appliquer les règles de l’art bien connues à ce sujet, à savoir l’utilisation d’une membrane pare-vapeur.

Celle-ci bloque sa progression côté chaud de l’isolant. Ainsi, on n’a aucun problème de condensation. En revanche, on perd le côté perspirant (ou respirant) du mur : il n’est plus hygroscopique. Nous en diminuons un peu sa qualité, puisque cette régulation est très positive pour la qualité de l’air intérieur, qu’il faudra quand même renouveler, car l’humidité n’est pas le seul paramètre d’un air sain. Voir à ce sujet mon analyse sur comment choisir un système de ventilation.

L’utilisation d’un pare-vapeur semble donc une bonne solution pour préserver l’isolant et pour protéger le pisé de la condensation côté intérieur.

Mais, et tu t’y attendais, ce n’est pas si simple…

Rappelle-toi, le pisé sèche des deux côtés de la paroi : l’eau migre sous forme liquide, et s’évapore à la surface, lorsqu’elle est libre et ventilée. Cela, côté extérieur ET intérieur.

Néanmoins, avec un doublage placo et laine de verre, on obtient un milieu confiné, non capillaire. De ce fait, le taux d’humidité grandit jusqu’à atteindre l’équilibre avec les remontées capillaires.

Difficile de dire s’il y aura condensation, tu te rends compte du nombre de paramètres qui entreraient dans l’équation :

  • humidité naturelle du sous-sol ; 

  • présence de drain extérieur ou non ;

  • présence d’un hérisson ventilé ou non ;

  • porosité des pierres de soubassements ;

  • porosité du pisé utilisé ;

  • revêtement extérieur ;

  • autres sources d’humidité.

Chaque bâtiment est unique, particulièrement ceux en pisé. Mais dans tous les cas, la présence de cette laine de verre confinée n’aide pas à l’évacuation naturelle de l’humidité présente dans la terre crue.

laine de verre + placo + pare vapeur

Bon, ben créons une lame d’air alors ! Ainsi, l’humidité présente dans le pisé pourra naturellement s’échapper avec le renouvèlement d’air.

Lame d’air ventilée + laine de verre + pare-vapeur + placo

Le principe est le suivant : on ménage un espace de quelques centimètres entre le pisé et l’isolant, et on fait circuler de l’air dans cet espace.

Dans l’idée, oui cela permettrait d’évacuer l’humidité qui vient du pisé.

Mais si cet air vient de l’intérieur de la maison, on a de l’air chaud brusquement refroidi, qui vient au contact du pisé.

Le point de rosée est atteint avant même de toucher le mur, ou bien dès le contact avec la surface froide. La condensation ne se fait pas attendre.

Si tout va bien, le mur absorbe et gère cette humidité, mais ça peut aussi ruisseler au pied du mur et être très très néfaste pour le pisé, en plus de créer une zone humide potentiellement lieu de moisissures.

En outre, la performance thermique de la paroi est systématiquement dégradée puisque c’est un système de refroidissement que l’on vient de créer (comparativement à un doublage isolé efficace).

Placo + laine de verre + lame d'air

Là, c’est le phénomène de la condensation qui nous a joué un tour, comme celle que l’on observe sur une vitre froide.

Évidemment, cela gêne l’évacuation spontanée de l’humidité du pisé par l’intérieur et augmente la quantité d’eau qu’il conserve en lui. 

Tentative de ventilation de la lame d’air par l’extérieur

Pour évacuer l’humidité naturelle du pisé, éviter de dégrader la performance thermique, etc., on peut choisir de ventiler la lame d’air par dehors.

Théoriquement, cela fonctionne très bien, c’est ce que l’on appelle la boîte dans la boîte. Cependant en pratique, il y a quelques précautions à prendre au niveau de l’entretien de cette lame d’air, au niveau de l’étanchéité à l’eau, de l’entrée d’insectes et de la gestion des ponts thermiques avec le reste des murs.

En effet, pour le coup on met vraiment le mur en pisé « dehors », à la température extérieure. Fini l’inertie et tout le reste.

Mais, c’est une solution qui marche, une première ! YouhOu !

isoler mur en pisé par l'intérieur

Bon, c’est génial, mais si l’on est exigeant ? Qu’on veut moins s’embêter, perdre moins de place, conserver toutes les qualités du pisé, sa pérennité, son hygroscopie et qu’on souhaite gagner en confort, on fait quoi ? Reste avec moi, le meilleur arrive !

La solution gagnante : l’isolant capillaire imputrescible

À la suite de tout ce qu’on vient de voir, on comprend que pour conserver la pérennité et les qualités du pisé, on a besoin de maintenir la capillarité jusqu’à la zone d’évaporation.

D’un autre côté, pour améliorer le confort thermique, on a besoin :

  • d’isoler thermiquement ;

  • de diminuer l’effusivité de la paroi (une forte effusivité donne la sensation de paroi froide) ;

  • d’augmenter la température de surface.

Pour cela, on va choisir un isolant capillaire imputrescible. Et il y a plein de possibilités !

isolant capillaire imputrescible

Le plus prudent est l’enduit correcteur thermique. L’idée c’est de faire par exemple un chaux chanvre de 4 cm d’épaisseur. Tu ne peux pas te tromper en faisant ça. 

Le point faible de l’enduit correcteur thermique, c’est la performance thermique, on en reparle un peu plus bas.

Poussons donc un cran plus loin, en donnant encore quelques critères décisifs si tu n’as pas déjà choisi l’enduit correcteur thermique, et que tu souhaites encore en savoir davantage sur les autres choix.

comparatif des techniques d'isolation de la terre crue

Maison en pisé : alors quel enduit choisir pour l’isolation ?

Les plus capillaires sont en « voie humide », c’est-à-dire qu’on va utiliser de l’eau lors de la mise en œuvre, donc typiquement les enduits, ou béton à base de chaux et de chanvre.

L’opposé de la « voie humide » est la « voie sèche » avec des isolants sous forme de panneaux (chanvre, fibre de bois, etc.).

Les panneaux sont plus isolants, mais moins capillaires, et en épaisseur importante on va devoir utiliser un frein vapeur…

Pour véritablement terminer ton choix, c’est donc encore une histoire de compromis. 

Les 2 paramètres principaux qu’il faut évaluer au moment du choix de l’isolant sont la capillarité et l’épaisseur.

Plutôt que des longues phrases, je vais récapituler les liens entre les paramètres intéressant à l’aide de graphiques, bien plus parlant pour moi (et j’espère pour toi aussi 😋) :

performance thermique

La performance thermique diminue généralement quand la capillarité augmente.

respect du pisé

Le respect du pisé augmente quand la capillarité augmente.

résistance thermique

La résistance thermique augmente quand l’épaisseur d’isolation augmente. 

mur en pisé

Le respect du pisé diminue quand l’épaisseur d’isolation augmente

Ensuite, l’élément que j’ai omis de prendre en considération, car c’est le seul que tout le monde connaît, c’est bien sûr le critère esthétique. Ça reste le plus « facile » à choisir. Ce qui ne veut pas dire simple à réaliser…

De plus, je n’ai pas parlé de la perte de surface habitable, et de l’utilisation de matériaux plus ou moins sains et écologiques.

Bon, tout cela peut encore ressembler à un avis personnel. Dans ce cas, laisse-moi entrer dans le concret avec ce que disent les « spécialistes » et les instances officielles.

L’avis technique de la laine de verre a été modifié entre 2009 et 2019

Commençons par la laine de verre.

Pour mémoire, l’avis technique est un document qui valide techniquement un dossier établi par un industriel qui commercialise une solution qui ne rentre pas directement dans le cadre des DTU. 

C’est le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, le CSTB qui coordonne ces validations. 

Les artisans sont tenus de respecter l’avis technique de la solution qu’ils mettent en œuvre. Dans le cas contraire, en cas de sinistre, ils sont reconnus responsables.

Dans les faits, il est très difficile de se tenir au courant de toutes les évolutions, et les artisans qui ont confiance en leurs solutions ne se plongent pas tous les jours dans les dernières versions !

Et pourtant, regardez ce qu’on peut y trouver concernant le doublage de mur en placo, laine de verre, sur système optima, qui optimise l’isolation en limitant les ponts thermiques :


En 2009, dans l’avis technique 20/09 -152 ce qu’on appelle le « domaine d’application » (ou d’emploi) du produit en question ne précisait pas de matériaux particuliers.

avis technique 20/09-152
avis technique 9/11-946 V2

Dix ans plus tard, dans l’avis technique 9/11-946 V2, le domaine d’emploi mentionne que le mur concerné est soit en maçonnerie de petits éléments en béton conforme DTU 20.1 soit en ossature bois conforme au DTU 31.2.

La différence ?

Plus aucune construction vulnérable aux remontées capillaires.

Plus de pierre, plus de colombage, plus de pisé, plus de bâtis anciens en fait, des millions de bâtiments semblent avoir été exclus du domaine d’emploi de cette solution.

Techniquement, tu sais maintenant pourquoi. Mais, saurais-tu le réexpliquer ? Je t’invite à essayer.

Maisons Paysannes de France nous éclaire

Maisons Paysannes de France est une association qui œuvre pour la protection du patrimoine bâti.

Elle existe depuis 1965, et c’est une référence dans le domaine. Il existe un tas d’information sur leur site, et notamment sur la partie qui m’intéresse, la partie technique

On y trouve les documents du programme ATHEBA, amélioration THErmique du Bâti Ancien, et ça forcément on aime bien chez Comment bien isoler.com.

En bref, au moment de choisir comment isoler du pisé, voici les trois schémas les plus utiles :

Blog qui explique comment faire :

Résumé et FAQ sur comment isoler un mur en pisé par l’intérieur

La synthèse

Jusqu’à présent, nous avons vu que :

  • Les propriétés du pisé et notamment celle d’être le siège de nombreux échanges d’eau et de vapeur d’eau dans différentes directions. 

  • La quantité d’eau contenue dans le pisé doit rester en dessous d’un certain seuil pour permettre la pérennité de l’ouvrage.

  • Les différents facteurs qui peuvent influer sur la quantité d’eau dans le pisé, l’isolation n’en étant qu’une parmi d’autres.

  • L’isolation intérieure doit permettre cette évacuation de manière rapide, durable et efficace.

  • Les règles de l’art concernant l’isolation par l’intérieur dans le pisé n’existent pas sous la forme d’un texte normatif. Pour le pisé, il faut se tourner vers les connaissances d’associations techniques reconnues d’utilité publique comme Maisons Paysannes de France.

  • Le domaine d’utilisation de l’isolant en laine de verre a été métamorphosé entre 2009 et 2019 puisque le bâti ancien n’y figure plus. Cela confirme les recommandations des nombreux passionnés qui travaillent sur le sujet, à savoir d’utiliser des matériaux capillaires.

  • L’isolant intérieur devait être à la fois épais pour être thermiquement efficace, mais que cela pouvait nuire au respect du pisé.

  • Une approche sur la performance globale de la maison serait l’option la plus respectueuse du compromis entre confort thermique et pérennité de la construction.

  • Le matériau choisi pour isoler un mur en pisé sera donc capillaire et d’épaisseur limitée selon le compromis que choisira le maître d’ouvrage/propriétaire de la maison.

La FAQ

Quid d’une contre cloison en béton cellulaire + liège en vrac ?

C’est vrai que c’est top d’un point de vue isolation et qualité/pérennité de l’isolation, on a une bonne étanchéité à l’air, un isolant imputrescible…

Mais cela ne permet pas l’évacuation de l’humidité du pisé, le liège en vrac n’étant pas capillaire.

Selon l’emplacement du mur et le diagnostic initial, ça reste une option envisageable.

Et s’il y a un enduit-ciment à l’extérieur ?

Là, il n’y a pas trop de questions à se poser. Il est étanche à la vapeur d’eau et met le mur complet en danger.

Le minimum, c’est de supprimer cet enduit sur 1 min 50 s de hauteur pour laisser l’eau s’évaporer et diminuer l’humidité au cœur du mur.

L’idéal étant de le supprimer complètement.

Attendre plusieurs mois avant d’éventuellement enduire à la chaux. Ce choix dépendra de l’exposition de la façade, sa hauteur, son état, sa résistance à la pluie battante…

S’il y a déjà un enduit-ciment intérieur ?

C’est moins grave qu’à l’extérieur, mais c’est quand même un enduit étanche à la vapeur d’eau, qui nuit aux échanges naturels du mur en pisé.

Il apporte une sensation de paroi froide, donc si vous pensiez déjà à isoler votre mur, c’est le moment de supprimer cet enduit.

Si je veux plus de confort thermique qu’avec un enduit correcteur thermique ?

La question mérite un développement bien plus long, mais en réponse courte, il faut diagnostiquer l’ouvrage dans son ensemble : toiture, murs, sols, fenêtres, ventilation, chauffage, et améliorez en priorité ce qui peut l’être.

Et si tout ça est déjà fait, ou que tu sais que ça ne suffit pas, tu peux intégrer des réseaux d’eau dans le correcteur thermique, et ainsi créer des murs chauffants !

Et comme une bonne nouvelle en appelle une autre, tu peux coupler cet astucieux système à ton installation d’eau chaude solaire. De cette manière, ça ne coûte pas un radis !

Pour en savoir plus sur les murs chauffant :

https://www.apte-asso.org/a-voir-ou-telecharger/eco-construction/les-murs/mur-chauffant-en-terre

http://maisonpaille.over-blog.net/article-le-mur-chauffant-basse-temperature-en-detail-76731973.html

découvre 40 recettes de peintures et enduits écologiques :

  • Bonjour Cédric.
    Encore un super article ! Merci !
    Parmi les solutions envisageables pour isoler un mur en pisé (ou en pierres), est-ce qu’il existe une « base de données » avec les caractéristiques (performance thermique, capillarité, coût, facilité de mise en oeuvre, etc.) qui permettrait de comparer les différents matériaux et de faire un choix adapter à chaque situation ?
    Merci ?

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Théo,
      Je fais suivre la question à Cédric et en attendant je te donne mon avis.
      Les meilleures « base de données » sont souvent dans les livres. Je recommanderais L »Isolation Écologique » chez Terre Vivante. Ou un hors-série du magazine La Maison Écologique sur le sujet.
      A+
      Gautier

  • Bonjour,

    Merci pour ce blog très bien foutu et avec une mine d’or d’informations !

    Avant de faire quelques travaux dans ma maison en pisé, j’aimerais faire venir quelqu’un pour faire « expertiser » l’existant, afin de connaître ce qui a été mis en place et savoir quoi refaire.
    Avez vous des personnes à me recommander dans l’Isère (Artas) ?

    Merci d’avance

    Quentin

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour,

      Merci, oui par chez toi il y a:
      http://franckcharreton.e-monsite.com/ (Franck Charreton)

      Sinon :
      osmiaarchitecture.com/ (Julie Avons-Bariot )
      heliopsis-maconnerie.fr/ (Fred Moy)
      be-terre.fr/ (Martin Pointet)
      batipassif.fr
      tera-terre.org/

      A toi de choisir 🙂

      Gautier

      PS: Si j’en oublie, faites-vous connaitre dans les commentaires

      • IL y a aussi http://www.formaterre.org/
        (Diagnostique en partie remboursé sur le tarif d’une journée de chantier participatif ou d’une journée d’accompagnement)

        Par ailleurs, sur mes murs en pisé, j’ai fait le choix personnel de 12cm de laine de bois + frein-vapeur et placage (fermacell ou placo) sur les murs donnant vers l’exterieur.
        Sachant que je ne l’ai fait qu’à l’étage (pas de remonté capillaire jusqu’à ce niveau).

        • Sylvain FF dit :

          Bonjour Ghis, je m appelle Sylvain. Je rénove une maison en pisé dans le Forez. Je suis tenté de faire comme toi pour l isolation des murs à l étage. Le rdc sera lui fait en chaux chanvre. Pour l étage on me conseille de laisser une lame d air de 2cm max entre la laine de bois et le pisé. Comment as-tu fait ?
          Merci de ta réponse.

  • GONZALEZ dit :

    Bonjour,

    très intéressant et instructif.
    Merci pour cet article qui éclaire sur un sujet sur lequel on lit un peu de tout; ça me semble être une bonne synthèse.

    Cordialement

  • Olivier KAMMERER dit :

    Bonjour,

    Je viens d’acheter un maison en Pisé a Neuville-les Dame (01400) que je souhaite totalement rénover (création d’ouvertures, remplacement des portes et fenêtres, électricité, plomberie, isolation, revêtement de sol, …)

    J’ai déjà rencontrer plusieurs artisans, mais les solutions qu’ils me proposent semblent être des solution « standard » qui, d’après ce que j’ai pu lire, ne sont pas adaptées à une maison en pisé (par exemple le plaquiste me propose de mettre placo sur rail + laine de verre sur l’ensemble des murs intérieur) …

    Auriez-vous des artisans à me conseiller ? Ou une démarche pour mes travaux ?

    Vous remerciant par avance.

    Cdt, Olivier

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Olivier,

      Oui, c’est une question centrale. Je vous suggère de faire cet appel à artisan sur les groupe facebook : « rénovation pertinente » ou « eco-construction terre et pisé ».

      Je suis à peu près sûr que vous trouverez un bonne recommandation d’artisan dans votre département 😉

      Merci de prendre autant de soin !

      Gautier

  • Bonjour,

    Nous rénovons actuellement notre maison en pisé sur la région lyonnaise.

    D’un côté monsieur adepte du « mais non ça ne craint rien » et de l’autre madame (moi =)) adepte des sites internet et forums mettant en garde contre les mauvaises pratiques.

    Je me bats pour que l’on opte pour un sol « perspirant » et notamment pour conserver les tomettes en place. Si les tomettes ne sont pas conservables, peut-on mettre de la chaux directement par dessus et ensuite poser par exemple du travertin ou de la pierre de bourgogne? ou bien faut-il obligatoirement retirer les tomettes?

    Par ailleurs nous avons plusieurs murs qui ne donnent pas sur l’extérieur, un mur porteur qui fait office de cloison dans la maison et des murs qui donnent chez le voisin. Si nous optons pour un sol adapté, est-il impératif d’utiliser un enduit à la chaux pour ces murs ou bien peut-on poser du placo? Pour le mur de la façade, je compte utiliser une peinture à la chaux et la façade va être refaite avec de la chaux par une société.

    Enfin, auriez-vous des artisans à me recommander sur la région lyonnaise?

    Merci pour vos réponses et conseils

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Sandra,

      J’ai ri en lisant ton intro 😁

      Désolé de ne pas avoir pu répondre plus tôt.

      Dans l’idéal, il faudrait retirer les tommettes. Pour gagner de la hauteur et pour ladite perspirance.

      Si pour une raison ou pour une autre ce n’était pas possible, alors oui, tu peux composer dessus.

      Pas d’impératif d’utiliser de l’enduit, c’est juste plus pratique pour profiter de la thermique des murs en terre.

      Pour les artisans, tu pourrais frapper à la porte de OIKOS à LYON. Ils ont tous les contacts utiles dans le coin 🙂

      Bon chantier,

      Gautier

  • Bonsoir,
    Je lis tout vos exemples d’isoler un mur de pisé. Très bien expliqué et bien clair pour une mise en pratique.
    Je m’interroge sur un point, vous aborder le pisé avec les schémas sur la parti basse d’une maison (soubassements etc).
    Qu’en est-il de la partie haute ?
    Je m’explique.
    Nous vivons dans une maison en pisé dans les Terres froides (Isère).
    Un pisé avec un enduit à la chaux sur pratiquement tous les murs ext.
    Lame d’air et brique (boite dans la boite comme vous dites) au rez de chaussée. C’est pas top, mais aucun signe de de faiblesse, de mauvaise hygro etc.
    À l’étage où je souhaite créer une pièce, c’est du pisé brut en intérieur.
    Est-ce que vos présentations et explications s’applique également à l’étage, sans soubassement du coup ? Ou peut-on placer laine de verre et placo (entre autre pour une salle de main, mais pas que…)
    L’idée est de faire un peu de placo (mur nord et sur) et un peu d’enduit chaux (mur de refent).
    La capillarité s’applique différemment sur 6 mètres de hauteur de mur je suppose, mais comment à votre avis ?

    Merci en tout cas pour votre site web, qui donne envie, qui motive et qui enseigne tellement plein de sujets (troooop 😉 )

    Bonne soirée

    Joan et Céline

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Joan,

      Il y a de bonnes chances que nous ayons été « voisins », nous avon habité Châbons durant deux ans 🙂

      Oui, les préconisations s’appliquesnt également à l’étage car plus que les remontées capillaires, se sont les points de rosées qui sont à éviter. C’est à dire la liquéfaction localisée de l’humidité de l’air chaud sur le mur froid.

      Est-ce bien la question que vous posiez ?

      Belle journée,

      Gautier

  • angelique dit :

    Bonjour
    Merci pour ces explications très complètes sur le pisé et l’isolation.
    J’ai cependant une question : j’ai toute la partie côté mur extérieur côté Nord qui est assez humide (condensation intérieure sous bassement ancien évier en pierre et sur les fenêtres). Nous avons fait changer toutes les menuiseries (installation en PVC double vitrage), mais nous n’avons pas de VMC. Le pro qui a changé les fenêtres nous en a installé avec des grilles de sorte à faire une ventilation naturelle. Mais j’ai l’impression que ça ne suffit pas. (ça fait 4 ans).
    Du « noir » se forme régulièrement autour des fenêtres des endroits les plus humides (salle de bain, petit débarras vers toilette avec petite fenêtre (évier en pierre), et fenêtre dans les escaliers). La tapisserie (assez d’époque) que nous n’avons pas encore changé a d’énormes auréoles d’humidité, et de la moisissure. Pensez-vous que je dois tout enlever, et piquer le mur pour l’aérer ?
    Et refaire un chaux/chanvre à la place ? peut on a ce moment là mettre du placo sans rien entre ?
    Nous avions isolé les combles par une laine de verre (ou de roche ?) sur le plancher. (entre le plafond et ce fameux mur, il y a de la poussière qui passe quand même).
    Cela fait 10 ans que nous y habitons, et la maison était déjà habitée avant nous (mais pas trop chauffée à l’étage comme le faisait les anciens à l’époque).
    Merci de vos lumières pour assainir un peu plus la maison. (nous sommes en nord isère)
    A bientôt
    Angélique

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Angélique,

      On dirait que votre intérieur a besoin d’une bonne ventilation

      Pensez-vous que je dois tout enlever, et piquer le mur pour l’aérer ?
      – Oui, c’est une bonne idée si les dégats sont profonds. Sinon, insistez sue la ventilation et le chauffage pour voir si le mur s’asèche.

      Et refaire un chaux/chanvre à la place ?
      – Oui, ou du chaux-pouzzolane pour les cas de figure sérieux.

      peut on a ce moment là mettre du placo sans rien entre ?
      – Non, ce n’est pas conseillé car le placo empêchera la ventilation de faire son travail.

      Au cas où, je dispense un guide vidéo concernant les solutions aux problèmes d’humidité. En théorie, tout y est expliqué :
      https://faisons-le-mur.com/solution-anti-humidite/

      Bon chantier,

      Gautier

  • bonjour, j’ai acheter un corp de ferme en pisé en début d’année et plusieurs spécialistes du bâti ancien sont venu et m’ont donné leurs préconisations.
    bien entendu personne ne m’a dit la même chose mais après moulte lecture, je me suis arrêté sur la solution qui me semble la plus efficace et la plus adapté à mon projet.
    je vais essayer de vous expliquer rapidement lol
    les murs étaient recouvert intérieur et extérieur en ciment. j’ai enlever tout l’enduit de la ceinture intérieur.
    les murs intérieurs sont donc à nu depuis plusieurs mois afin de les faires respirer avant de procéder à une isolation. j’enlèverais le ciment a l’extérieur plus tard car la surface est énorme et le ciment emprisonne un grillage de maintien qui complique fortement le retrait. et bien entendu budgétairement parlant le revêtement de façade a un cout non négligeable.
    dans ce corp de ferme il y a un grand volume. la différence d’aplomb entre le bas et le haut du mur est de +ou-15cm. j’avais songé à isoler en chaux chanvre sur 10cm mais cela aurait fait +ou-25cm en parti haute. le calcul de charge ne me permet pas de faire ainsi et risquerait de fragiliser la structure. dans le calcul cela aurait fait plusieurs tonnes suspendu au pisé.
    je me permet de vous faire cet écrit parce que je ne vous ai pas entendu parler dans vos propositions d’isolations de l’utilisation de la ouate de cellulose projeter qui a toute les caractéristiques requise pour isoler par l’intérieur et respecter les caractéristique du pisé.
    pour ma part et pour optimiser l’utilisation de la ouate de cellulose et ses caractéristiques hygrométriques, parce que bien entendu, il faut la recouvrir de BA13, j’ai penser a utiliser du BA13 perforer sur la partie haute de la pièce. ce qui permettra à l’excès d’humidité de s’évacuer et apportera une correction acoustique en plus.
    qu’en dite vous ?

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Jahb,

      Vous avez tout à fait raison, la ouate de cellulose est une solution bien adaptée au pisé.

      De plus, ce’est une solution plus isolante que l’enduit chaux-chanvre.

      Pour l’extérieur, une solution temporaire efficace et moins couteuse est de faire sauter l’enduit ciment à 80-100cm du sol.
      Cela permet d’assainir le pied de mur avant de réenduire à la chaux.
      (Au cas ou le mur en a vraiment besoin)

      Bon chantier,

      Gautier

  • Bonjour Gautier,

    Merci pour vos articles et explications sur l’isolation des murs en pisés. je souhaite construire ds les combles d’un bâtiment en pisé un appartement. L’appartement sera équipé d’une ventilation double flux. le plancher est sur solivage bois (R+1 donc plus de 2,5 m du sol)et le dessous est en contact avec l’air extérieur donc en contact a l’air libre. je pensais réaliser l’isolation intérieur par des panneaux de fibre de bois + enduit à la chaux soit réaliser une parois en OSB décalée de 20 cm environ et insuffler de la ouate de cellulose ds cette cloison. la ouate sera donc en contact direct avec le pisé. au départ, je pensais faire un doublage en béton cellulaire + enduit chaux. Ces 3 solutions sont elles pérennes? Laquelle me préconisez vous

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Arnaud,

      Je partirais sur la fibre de bois.
      L’osb bloque les échanges gazeux et le béton cellulaire n’est pas aussi isolant que le pisé.
      (La ouate au contact du pisé n’est pas un problème)

      Bon chantier,
      Gautier

  • Bonjour Gautier,
    Je rénove un corps de ferme en pisé en Isère. Pour l’isolation nous avons fait le compromis suivant : 14cm de laine de bois en panneau rigide, pare vapeur hygrovariable et placo. Le fruit des murs créé nécessairement une lame d’air vers le haut (le doublage étant parfaitement vertical). Vaut il mieux plaquer l’isolant au mur et laisser la lame d’air derrière le placo, ou plaquer l’isolant au placo et laisser la lame d’air entre le pisé et l’isolant. Intuitivement favorable à la première solution je me confronte à l’artisan et au maitre d’œuvre sans pouvoir réellement étayer mon choix.
    Je profite de ce post pour déplorer le cadre d’attribution des subventions à l’isolation qui intègre bien mal les spécificités de la construction en pisé voire pousse au vice (laines minérales)
    Merci pour les articles supers documentés et pointus. Une bouffée d’air dans le joyeux méli mélo des infos disponibles sur la toile.
    Stephane

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Jean,

      Merci pour les efforts que tu fais face à toutes ces petites résistances… ta maison a bien de la chance de t’avoir 🙂

      Oui, idéalement tu devrais faire plaquer l’isolant sur le mur pour éviter un éventuelle point de rosée (en cas de rupture de continuité de l’isolant).

      Mais il est vrai qu’avec le pare-vapeur et l’hygrorégulation du pisé, les risques sont relativement faibles.

      Bon chantier,

      Gautier

  • Bonjour, nous avons acheté une ferme en pisé. Nous enlevons actuellement le ciment sur les murs intérieurs. On était parti pour faire un enduit terre/paille/sable. Et puis est venu la question de comment fixer des radiateurs ou étagères dans les murs après? et comment gérer les murs de la salle de bain/cuisine….du coup on ne sait plus trop comment on va faire. Vous en pensez quoi vous? Merci d’avance.

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Hélène,

      Pour les charges très lourdes, si l’enduit est isolant et qu’il fait plus de 5-6cm, le plus simple est de fixer une pièce de bois au mur (type bastaing) et de venir se visser dessus.

      Cette pièce de bois sera recouverte d’une trame et d’une fine couche d’enduit pour ne pas être apparente.

      Pour les charges moyennement lourdes rentrer simplement dans le pisé avec une grosse vis de 120. C’est beaucoup plus solide que l’on ne se l’imagine.

      J’espère avoir répondu à votre question.

      Bon chantier,

      Gautier

      • Bonsoir, Ok, merci du conseil. On va faire comme ça alors. Bonne soirée à vous!

  • PAscal Violaine dit :

    Merci beaucoup pour toutes ces informations très bien détaillées. Nous avons actuellement de gros problème de moisissures liée au pisé et à la mauvaise isolation. Nous avons entendu parlé de la mousse projetée à cellule ouverte apparemment perspirante. Connaissez-vous? Est-ce une bonne option? Merci
    Violaine

  • Merci beaucoup pour cet article très intéressant !! J’ai une maison en pisé et un de mes pièces et recouverte de lambris en bois sans isolant entre le bois et le mur. Ce lambris semble lasuré ou peint avec une légère couche. Est ce dangereux pour mes murs svp? Merci beaucoup

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Emma,

      Non, ne vous inquiétez pas, même peint, les lambris permettent assez de circulation d’air pour ne pas freiner l’aération des murs.

      Bonne journée,

      Gautier

  • Bonjour,
    merci pour cette étude très détaillée.
    Avez vous envisagé de faire la même pour l’isolation par l’extérieur ? Cette solution possède des qualités non négligeables comme – ne pas ôter les habitants du bâtiment des vertus du pisé – hygrométrie, fraîcheur l’été, etc.. en plus avec une façade en bardage la ventilation est assurée à 100% (ou l’enduit à la chaux sur la laine de bois).
    A l’intérieur nous pouvons rajouter un simple enduit à la chaux/plâtre ou à l’argile.
    Résultat testé 😉 ça vaut le coup !

    Bien à vous

    Lucie

    • EcoDidacte dit :

      Merci pour ta contribution Lucie,
      Oui, le pisé en intérieur apporte énormément de bien-être 😀
      Belle journée,
      Gautier

  • Bonjour, j’ai rénové une maison ancienne sur demi-sous sol. Tous l’étage a été isolé en laine de verre(pénurie de laine de bois lors des travaux) avec frein vapeur hygrovariable. Mais pour le sous sol humide, une lame d’air a été créé puis la laine de verre et placo posé sans frais vapeur. Une Ventilation hygrovariable uniquement pour le sous sol a été installé. Pensant que la lame d’air ne servait à rien si elle n’est pas ventilé, j’ai créé de l’intérieur une entrée d’air basse et haute sur le doublage. En glissant la main dans ces aération basses je constate que le bas de la laine est humide.
    Je ne sais pas trop quoi faire de plus. Est ce que j’ai bien fait de faire ces aération ?
    Bien sûr l’isolation va être moins efficace et si j’ai bien lu je vais avoir tt autant de condensation ?
    Merci d’avance.

    • EcoDidacte dit :

      Bonjour Chris,
      Aie, si le bas de la laine est humide c’est certainement que l’air chaud qui pénètrait par le bas de l’aération se condensait en arrivant derrière le placo 😬
      En vrai c’était une fausse bonne idée effectivement, car même s’il n’y avait pas eu de problème de condensation, cette aération annulait la protection thermique de l’isolant.
      Comment se porte le mur ? est-il en pisé à cet endroit là ? Est-il également humide ?
      A+
      Gautier

      • Bonjour, oui l’humidité était présente avant même que je fasse ces aérations. Je l’ai constaté quand j’ai fait les trous.
        Ce n’est pas exactement du pisé mais je pense que ça se comporte pareil, c’est une sorte de mâchefer friable et poreux fait dans les années 20. Cette zone est semi-enterrée. Le mur est en effet aussi humide aux endroits du sous sol ou on n’a pas mis de doublage. Je suppose que c’est pareil derrière le doublage. L’humidité doit remonter dans le mur par capillarité.
        Je crois que je devrais enlever ce doublage et mettre un enduit chanvre isolant… Dommage de pas vous avoir rencontré avant, peu de professionnels se pose ce genre de question !

        • EcoDidacte dit :

          Bonjour Chris.. Oui, effectivement, enlever le doublage sera une façon de redonner de l’air à ce mur.
          Ensuite, pour l’enduit le chaux-pouzzolane ou le chaux-chanvre sont recommandables.
          Par contre, dans un premier temps, laissez le mur se sécher un peu… Ce sera mieux.
          Bonne continuation,
          Gautier

  • Check120 dit :

    Merci pour ce super guide. L’autre facteur pouvant conduire au choix d’une solution plutôt qu’une autre, c’est aussi l’aspect final. Ma femme souhaitait un aspect « moderne » donc je suis parti sur placo+pare-vapeur+laine+lame d’air ventilé ext. Alors qu’à un moment j’étais parti pour faire un enduit chanvre. DU coup, c’est vrai que je suis obligé de poser moi même ce placo car aucun professionnel ne fait ce genre d’installation (et ils vous en dissuadent quand vous en discutez avec eux). Je suis en train d’installer tout ça : système optima, rails supplémentaires pour ne pas que la laine touche le mur, etc… et tout le monde me dit que je me prends la tête car aujourd’hui les murs sont biens secs mais comme on a ajouté à l’intérieur une dalle béton et qu’il s’agit de mur en pierres avec obligatoirement des remontées capillaires, il y a un vrai risque !

    • EcoDidacte dit :

      Super démarche, bravo Charles 🙂👍

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