Salpêtre | 6 solutions naturelles et efficaces !

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Bonjour à toi,

Les problèmes d’humidité sont responsables de nombreux cas de désordres dans l’habitat et de maladies. C’est une complication qui touche énormément de foyers et chanceux sont ceux qui n’y ont encore jamais eu affaire.

Remontées capillaires, effets de mêche ou mauvaises gestion des écoulements d’eau de pluie ne sont plus les seuls responsables.

Une logique d’étanchéification des sols intérieurs (dalles ciment) et extérieurs (goudronnage des chaussées) amène beaucoup de bâtisses à avoir les pieds dans l’eau.

Si tu n’es intéressé que par les solutions présentées dans le titre, je t’invite à descendre directement en bas de page.

Par contre si tu souhaites savoir plus en détail ce que sont ces problèmes pour en avoir une compréhension plus globale, tu ne seras pas déçu de commencer la lecture dans l’ordre des chapitres.

Qu’est-ce que le salpêtre? 

Le mot salpêtre vient du latin salpetrae, qui signifie littéralement sel de pierre.

Le salpêtre se développe dans les endroits humides et peu aérés. Principalement à l’intérieur des maisons sur les zones de soubassement et en pied de mur. On le retrouve fréquemment dans les caves mal ventilées.

Le salpêtre est un phénomène lié aux remontées d’humidité du sol dans les murs (remontées capillaires). Si certains l’appellent encore le sel de pierre c’est parce qu’en remontant du sol, l’humidité se charge des résidus des matières minérales en décomposition qu’elle traverse. Une fois à la surface du mur, l’eau s’évapore, tandis que minéraux et sels

SALPÊTRE

minéraux redeviennent stables et se cristallisent. Le dépôt qui se forme, le salpêtre, ressemble à un amas de fibres blanches.

 

Chimiquement, le salpêtre est composé essentiellement de nitrates.

Il se retrouve donc principalement dans les environnements ammoniaqués comme les étables, les écuries ou à proximité d’une fosse septique (l’ammoniac se forme à partir des urines).

Il se développe aussi dans les zones ou l’eau est riche en nitrate (souvent à cause de pollution aux engrais agricoles).

 

 


Sur cette image on peut observer le salpêtre qui prolifère sur les joints de chaux plutôt que sur la brique.

La raison de ce  phénomène est que le mortier des joints étant plus poreux que la brique cuite, il favorise la migration de l’eau dans le mur et le salpêtre naît de cette diffusion. Pour mieux le comprendre expliquons ce que sont les remontées capillaires.

 

 

 

Les remontées capillaires

La remontée capillaire, ascension capillaire ou humidité ascensionnelle est un phénomène physique très simple que chacun de nous a pu observer en trempant un sucre dans son café sans l’y plonger complètement. D’ailleurs, plutôt que de faire des longs discours je t’invite à regarder cette vidéo si tu n’es pas sûr de savoir de quoi je parle.

Dans le bâtiment, ce désordre concerne principalement les murs construits en matériaux « capillaires » à cause de leurs pores fins (pierres tendres, briques, …). Il peut aussi n’affecter que les enduits de façade si la maçonnerie est non capillaire ou protégée. Dans le cas d’enduits au plâtre ou à la terre, le traitement de ces remontées est primordial.

SALPÊTRE

Arase étanche limitant les remontées capillaires

Les remontées capillaires deviennent souvent pathologiques dans le bâti ancien qui a été mal rénové et dont la dalle en ciment renvoie toute l’humidité du sol vers les murs. Murs qui, à l’origine n’étaient pas prévu pour faire face à une telle sollicitation.

Quand on ajoute à cela un enduit ciment ou des monocouches à la colle qui viennent emprisonner cette humidité dans les murs, on risque des désordres structurels graves.

Dans les constructions modernes, une arase étanche en pied de mur est sensée limiter ces remontées d’humidité. 

 

 

 

Le salpêtre est-il dangereux pour la santé ?

Disons que l’humidité dans une maison est un phénomène tout à fait naturel et même très sain pour maintenir un bon niveau de confort. Par contre, si à l’intérieur de l’habitation, l’humidité liée aux remontées capillaires n’est pas maîtrisée, on risque conjointement au salpêtre, de voir poindre des moisissures !

Les moisissures ne sont pas minérales mais organiques. Elles sont une agglomération de champignons microscopiques qui prennent la forme d’auréoles ou de tâches de couleur vertes, bleues, noires ou blanches et surtout qui répandent une odeur désagréable. Cette odeur annonce une grande nocivité associée à des maladies respiratoires, des affections cutanées, des risques allergiques ainsi que de mauvaises conditions d’hygiène en général.

Le salpêtre, lui, n’est pas spécialement dangereux pour la santé.

Pour tout dire, il est même utilisé en salaison des aliments saumurés, comme les jambons. Il y apporte de la coloration et participe à la conservation des charcuteries.

Il y a pourtant une application dans laquelle il a été et continue d’être à l’origine de millions de morts. C’est ce que nous voyons dans le chapitre qui suit.

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Article qui t’intéressera aussi: Une chambre d’enfant sans polluants ni allergies

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Le salpêtre dans la salpêtrière

L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière a une histoire assez cocasse puisqu’il doit son nom au bâtiment initial dont il a détourné la fonction.

En 1656, Louis XIV fit construire cet hôpital en lieu et place d’un ancien arsenal où l’on fabriquait de la poudre à canon et des munitions. Ce bâtiment était appelé « la salpêtrière » car le salpêtre est une des composantes de la fameuse poudre noire.

La symbolique est forte de soigner les vivants en lieu et place de ce qui fut une industrie de la mort. Cependant le nom de « salpêtrière » est resté pour marquer l’ironique origine des lieux.

Le salpêtre est donc explosif, oui. Mais pas sous n’importe quelle condition.

Internet regorge de recettes au salpêtre pour fabriquer des pétards ou des petites bombes artisanales. Dans la majorité des cas faudra de rassembler du souffre, du charbon de bois, du salpêtre et une petite étincelle pour obtenir un mélange explosif.

Autant dire qu’il faudrait vraiment un concours de circonstances particulièrement malheureux pour que cela arrive dans ta cave 🙂

 

 

Salpêtre = Mauvais Signe ???

Contre toute attente, je dirais que le salpêtre n’est pas un mauvais signe en soi.

Bien sûr, il nous indique qu’il y a un surplus d’humidité dans notre mur ou sous notre dalle , mais il nous informe aussi que cette humidité arrive à s’évacuer donc que le mur respire.

Là ou cela devient problématique, c’est dans la mesure où le salpêtre apparaît à des endroits où on ne l’attendait pas. Au premier étage par exemple 🙂

En effet, si l’auréole d’humidité n’est pas située en pied de mur, cela veut dire qu’elle est prisonnière du mur et qu’elle ne sait pas par où se libérer. Et tant qu’elle ne trouvera pas, elle ne s’arrêtera pas !

On retrouve typiquement ce cas de figure derrière les murs enduits au ciment qui mettent extrêmement longtemps à se laisser traverser par l’humidité. D’ailleurs quand cela arrive, il est généralement trop tard pour espérer qu’aucun autre dégât collatéral n’ait eu lieu.

 

 

Dégâts liés aux remontées capillaires et au salpêtre

En intérieur :

La plupart des dégâts liés aux remontées capillaires qui alertent les gens commencent à l’intérieur de l’habitation.

Très classiquement on observe des décollements d’enduits, de peinture ou de papier-peint. Si on ne fait rien, selon la composition de l’eau, suivent l’effritement des parements minéraux et l’apparition du salpêtre.

Derrière une finition bois comme les lambris, l’humidité aura vite fait de pourrir le bois ce qui fera également apparaître les insectes xylophages et la tristement célèbre mérule (champignon du bois).

Les conséquences de ces pathologies ne sont cependant pas que d’ordre esthétique puisque comme je l’ai évoqué plus haut, les risques sanitaires sont sérieux.

 

En extérieur :

A l’extérieur, les remontées capillaires qui n’arriveront pas à s’évacuer par perspirance, commenceront par affaiblir la structure du mur avant de marquer des auréoles humides et décoller progressivement des plaques d’enduits.

Si l’eau du sol est riche en nitrate, celui-ci se transformera en nitrite une fois au contact de l’air (salpêtre) et cet élément acide détériorera la chaux calcaire des joints de pierre et même les pierres elle-mêmes si elle sont trop tendres. Inutile de préciser qu’une telle pathologie en pied de mur peu être extrêmement dure à rattraper.

Dans l’ensemble :

Si l’humidité atteint les parties en bois de certains murs, comme des poteaux, des assises de colombage ou des lisses d’ossature, les remontées capillaires feront vivre l’enfer. Imagine un plancher bois aux solives emprisonnées entre deux couches d’enduit ciment bien dosé 🙂

 

 

 

Solutions “Traditionnelles” (sic!)

En règle générale et pour notre plus grand bonheur, il existe des solutions efficaces, respectueuses du bâti, écologiques et peu cher.

Malheureusement, peu de personnes nous apportent ces conseils pleins de bon sens.

A la place on propose généralement l’emploi de solutions chimiques moins laborieuses mais franchement critiquables sur le long terme.

 

L’injection d’hydrofuge :

Une technique conventionnelle consiste à injecter un produit hydrofuge dans le mur par des perforations effectuées tous les tant de centimètres.

 

Par cette photo on comprend bien que oui, l’humidité est bloquée au niveau du mur. Par contre, qui sait ou va se retrouver cette humidité et quel désordre elle va créer ailleurs. Avec le bitumage des routes et des trottoirs, il est aujourd’hui quasiment impossible de permettre aux eaux souterraines de s’évacuer (ni aux eaux de pluie d’ailleurs). Résultat, le problème persistera et réapparaîtra ailleurs ; tôt ou tard !

Et là, il ne nous restera même plus nos 300€/ml d’hydrofugation pour pleurer 🙂

SALPÊTRE

Une autre idée de génie est d’hydrofuger la façade. Génial ! Avec cette solution on ne fera que déplacer le salpêtre en hauteur et on fragilisera une plus grande partie du mur.

 

Tu l’as comprit, ces solutions corrigent certains effets mais ne résolvent pas le problème de fond.

 

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Article qui t’intéressera aussi: Chaux NHL5 : Tout ce qu’il faut savoir

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Solutions naturelles contre le salpêtre

Le but de cet article est de faire comprendre que ce n’est que par la respiration des murs que l’on peut venir à bout des désordres d’humidité. Cet échange doit être orienté vers l’extérieur et couplé à une bonne ventilation des espaces intérieurs.

Il est également important d’identifier l’origine des excès d’humidité. Elle peut venir des ruissellements d’eau de pluie en surface comme de la nappe phréatique en sous-sol. Il arrive aussi qu’une auréole inattendue à l’intérieur de la maison nous signale une fuite au niveau de la plomberie.

Ci-dessous, je présente une liste de solutions naturelles que tu es libre d’enrichir en laissant ta contribution dans les commentaires.

Faire sauter l’enduit extérieur

Si des maçons du bon vieux temps ont enduit ta maison au ciment, une étape importante sera de faire tomber cet enduit trop imperméabilisant.

Il est clair que cela demande un gros investissement d’argent à faire faire ou d’énergie à faire soi-même. Pourtant c’est un investissement primordial, tout particulièrement si les deux cotés du mur sont enduits.

Cependant, si refaire la façade n’est pas envisageable, en cas d’humidité trop importante des murs, je conseille de commencer par faire tomber l’enduit de pied de murf sur un mètre de hauteur environ. Cela à l’avantage de permettre à la zone la plus exposée de sécher un peu, cela évite à l’humidité de continuer sa course verticale et il n’est pas besoin de monter un échafaudage pour effectuer l’opération.

Ne fois décroûtée, cette zone peut être laissée à nu ou couverte d’un enduit à la chaux si l’exposition aux pluies ou aux ruissellements n’est pas favorable.

Cette vidéo de Jérémy Cohen explique comment réaliser l’opération

Dans des conditions optimales, je conseille de laisser cette zone découverte jusqu’à disparition des symptômes indésirables. Une année n’est pas de trop.

Ensuite, un enduit chaux-puzzolane peut être appliqué en pied de mur. La puzzolane étant très poreuse, l’air qui l’habite lui confère la faculté de sécher plus rapidement et ainsi de protéger efficacement des rejaillissements d’eau de pluie. De plus, moins le réseau capillaire du mortier est fin, moins l’humidité arrive à s’y stocker.

Piquer enduit ext : https://www.youtube.com/watch?v=IVWR6TXvqHM&t=197s

Réaliser un drain

La réalisation d’un drain entourant la maison est une étape incontournable pour canaliser les ruissellements d’eau de pluie et protéger son soubassement.

Réaliser un hérisson

Les anciens avaient comprit comment protéger leur dalle des remontées capillaires en la séparant du sol par une lame d’air ventilée. Cette lame d’air était créée artificiellement grâce à une stratification de pierres empilées sur la tranche.

Ainsi empilées, ces pierres permettent une circulation d’air à condition de n’avoir pas oublié de laisser deux bouches d’aération de chaque coté du complexe, dans l’axe des vents dominants.

Ce système, appelé « hérisson » présente le double avantage de protéger des remontées humides mais aussi des remontées de nappes d’eau (jusqu’à une certaine limite, évidement:))

Faire sauter l’enduit intérieur

S’il est constitué de ciment ou de matériaux adjuvantés imperméabilisants, les enduits intérieurs sont à renouveler . Idéalement à la chaux ou à la terre.

Attention cependant à appliquer une finition adaptée. En effet, ferrer ou stuquer son enduit de finition augmentera le Sd du mur, le rendant ainsi moins perspirant.

La cire et les huiles dures en finition sont également à proscrire. 

Mur chauffant

Si tu es en phase de travaux, installer un système de mur chauffant ou de plinthes chauffantes sur un mur sensible aux remontées d’humidité est une option très efficace.

Couplé à une ventilation adaptée, ce chauffage à base température assainira drastiquement les murs et empêchera la propagation de moisissures indésirables.

La ventilation

Faire réviser son système de ventilation permet de résoudre miraculeusement certains problèmes d’humidité. Souvent, il s’agit de changer les piles de l’extracteur en question pour retrouver un environnement de qualité 🙂

Ouvrir quotidiennement ses fenêtres est une autre astuce de fortune 🙂

CONCLUSION

Voilà déjà une poignée de techniques naturelles pour lutter contre les efflorescences de salpêtre et les remontées d’humidité en général.

Le tout état de permettre à l’humidité de s’évacuer un maximum par l’extérieur.

L’eau est un élément insaisissable et inarrêtable, celui qui prétendra le contraire est soit un charlatant, soit un court-termiste. L’idée est de canaliser cet élément pour pouvoir en profiter sans qu’il nous importune.

Quoi qu’il en soit, il est indispensable de traiter l’origine des remontées capillaires au lieu de panser des jambes de bois.

D’une manière générale, le bâti ancien présente une remarquable longévité (d’où sont nom). Les systèmes constructifs et matériaux locaux ont fait la preuve de leur capacité à perdurer.

Bizarrement, il se développe aujourd’hui une myriade de problématiques inexistantes il y a quelques décennies encore.

Personnellement, je suis convaincu que cela est dû aux matériaux récemment mis sur le marché et au déni des techniques traditionnelles. C’est pourquoi je m’efforce de faire passer ce message.

Si tu n’es pas en accord avec cette réflexion, fais le moi savoir dans les commentaires et c’est avec respect que nous pourront nous entretenir sur le sujet.

Si tu es déjà convaincu, pense à partager cet article avec qui peut le trouver utile, les boutons de partage flottant à gauche de l’écran sont fait pour cela 😉

Au plaisir !


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6 thoughts on “Salpêtre | 6 solutions naturelles et efficaces !”

  1. Excellent article, clair et bien documenté qui aborde d’une manière synthétique les problèmes structurel qui peuvent être à l’origine de l’humidité excessive. Ce qui est important ici, c’est de dire que les bonnes solutions consistent à favoriser les échanges entre l’air (de préférence extérieur) et les structures, à nous de ventiler ensuite. Indiquer aussi que si les murs gardent l’humidité, alors, on devra s’inquiéter à terme de l’état des fers à béton… Que dire alors de ceux qui préconisent un enduit de “cuvelage” pour pallier à l’humidité dans les caves ? Il faudrait creuser un peu la question : le bon enduit, le bon cuvelage est nécessairement perspirant, ou plus exactement “microporeux”. Est-ce exact ? Voir ici quelques informations que je donne sur la gestion des problemes d’humidité (non dus à des défauts structurels) : https://maison-econome-et-confortable.fr/problemes-dhumidite/

    nb : un pb de lien sur “base température”

    1. Merci Philippe pour ton commentaire et la valeur ajoutée que tu apportes.
      Comme me l’a fait remarquer Marc Xavier sur FB, j’aurai aussi pu aborder le traitement par électrolyse. Je j’ajouterai à l’article qd j’aurais un peu de temps…
      Tu as Bien fait de laisser un lien vers ton blog car ton travail est super pertinent et j’invite tout le monde à aller y jeter un oeil.
      A+ 🙂

  2. Merci j’y vois plus clair mais je préfère poser une question pour éviter des erreurs:
    est ce que le mur extérieur avec un mélange terre chaux est suffisant ? de quelle épaisseur? Et quelle mélange en proportion?
    Merci

    1. Bonjour,

      pour un mur extérieur un mélange terre-chaux est peut être un peu léger.
      Bcp de maisons anciennes en terre comme les maisons à colombage étaient protégées par une couche de badigeon à la chaux pure.
      D’autres, comme les maisons en pisé et en bauge pouvaient rester sans protection à la chaux.
      Aujourd’hui certains propriétaires de maison en paille décident de laisser l’enduit terre en finition sur les façades les moins exposées.
      Il n’y a donc pas d’obligation à utiliser la chaux comme enduit de protection pour des murs en terre ou en paille.
      Sur un mur en pierre, par contre, je ne saurais conseiller de mélanger terre et chaux.
      La chaux étant plus solide et plus collante sur la pierre, c’est vers elle que je me tournerais.
      En fait, je ne vois pas beaucoup l’intérêt de mélanger ces deux liants.

      Dans les deux cas l’épaisseur totale des trois couches serait d’1.5 à 2cm.
      (https://faisons-le-mur.com/les-4-phases-dun-enduit-reussi/)

      Et les proportions: 1x liant pour 3x sable

      Si j’ai bien comprit vous ne parlez pas de mur avec des remontées de salpêtre.

      Vous préparez un chantier de votre maison ?

      Au plaisir,

      Gautier

  3. Bonjour
    J’ai rénové une vieille maison en terre crue en suivant tous ces bons conseils, avec des moyens financiers limités : j’ai enlevé l’enduit ciment extérieur en bas de mur, côté nord j’ai réalisé un drain, j’ai enlevé la plupart des enduits ciments intérieurs (qui pour beaucoup de décollaient), et je les ai remplacés par des enduits chaux ou bien chaux/chanvre. J’ai installé une VMC, avec bouches hygroréglables.
    J’habite la maison depuis cet été.
    Deux problèmes sont apparus, auxquels je n’avais pas pensé:
    1) la réapparition du salpêtre en bas de certains murs, à travers l’enduit chaux (ça poudre blanc)
    2) un taux d’humidité de 80% voire 90% cet été qui a fait apparaître des moisissures sur l’ensemble du jonc de mer (dans une pièce où les murs sont pourtant secs).
    D’où mes questions:
    Pour la réapparition du salpêtre, si ce n’est que ça (pas de moisissures), existe-t-il un risque pour ma santé ?
    En ce qui concerne le taux d’humidité de mon intérieur: je crois que les murs ont recommencé à respirer, mais quand ils sèchent, la vapeur s’échappent dehors mais aussi dedans.
    Comme cet été il a fait canicule, je n’ai pas pu aérer comme je le voulais, au risque d’une température excessive.
    Dois-je regretter d’avoir permis à mes murs de respirer par les deux côtés ? Le mieux aurait peut-être été de laisser l’enduit ciment à l’intérieur et enduire à la chaux uniquement à l’extérieur.
    J’avoue que votre avis sur ces deux problèmes m’intéresse (surtout le n°2 dont on ne parle jamais)
    Merci !

    1. Bonjour,
      merci pour ce détail clair de vos questions 🙂

      Par où commencer…. La question la plus importante est peut être la dernière.


      Dois-je regretter d’avoir permis à mes murs de respirer par les deux côtés ?

      Non, vous n’avez absolument pas mal fait de décroûter l’enduit ciment des deux cotés de vos murs.
      Si vous aviez laissé l’enduit ciment intérieur vous auriez certainement vu se développer des moisissures à terme car l’humidité intérieur ce serait agglutinée en gouttelettes sur les murs (+ la sensation de paroi froide), ce qui ne peut pas être le cas avec l’enduit à la chaux.

      1) la réapparition du salpêtre
      C’est un peu contre intuitif mais cela reste un bon signe quand le salpêtre réapparaît. Cela signifie qu’il s’évacue des murs.
      Durant toute la période ou le mur se ré-assaini et sèche, le salpêtre doit trouver un moyen de sortir. Ce qui n’est pas évident à travers l’enduit ciment.
      Si le salpêtre passe, c’est que le mur respire. Vous êtes en bonne voie 🙂

      2) un taux d’humidité de 80% voire 90% cet été qui a fait apparaître des moisissures sur l’ensemble du jonc de mer
      Un peu étrange en effet. L’été l’air est plus humide car il porte avec lui la condensation issue des éléments de l’environnement. Cet air lourd condensera au contact de zones froides. Le sol est fréquemment l’élément le plus froid de la pièce.
      Qu’y a-t-il comme revêtement sous votre jonc de mer ? Un carrelage froid et étanche ? Se peut-il qu’il y ait des remontées d’humidité venu du sol ? Est-ce une pièce aveugle (sans ouverture à la lumière)?
      Quoi qu’il en soit vos murs en terre et chaux auraient dû venir à bout de ce trop plein d’humidité de l’air.
      Ce que je recommanderais est de penser à aérer dès que possible ces pièces en soirée et durant la nuit pour évacuer chaleur et humidité concentrés durant la journée.


      Pour la réapparition du salpêtre, si ce n’est que ça (pas de moisissures), existe-t-il un risque pour ma santé ?

      Ce salpêtre sera a “balayer” régulièrement. Il n’est pas directement dangereux pour la santé mais peut affecter les personnes sensibles au niveau respiratoire. Bref, mieux vaut prévenir que guérir.

      je crois que les murs ont recommencé à respirer, mais quand ils sèchent, la vapeur s’échappent dehors mais aussi dedans
      Oui, ils évacuent certainement un peu de d’humidité à l’intérieur (à moins que l’air y soit déjà saturé, ce qui ne serait pas une bonne nouvelle), c’est pour cela qu’une aération manuelle par ouverture des fenêtres en soirée ou tôt le matin est à considérer en plus de votre VMC. Quelques minutes suffisent pour ajuster l’hygrométrie intérieur-extérieur.

      D’après ce que vous me décrivez, vous avez fait tout ce qu’il fallait faire et à moins que vous n’habitiez dans une zone humide particulièrement à risque, vos problèmes devraient se résorber.
      C’est le premier été que votre maison passait avec nouveaux drains, nouveaux enduits et nouvelle ventilation, cela ne pourra qu’aller en s’améliorant.

      Comme le corps humain, une maison a besoin d’un peu de temps pour se détoxifier 🙂

      Félicitation pour vos travaux ! 🙂

      Gautier

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