Chaux Hydraulique et Chaux Aérienne | les 8 différences essentielles

La chaux, c’est le top -oui ! Mas pas n’importe laquelle et pas n’importe où.

Car la chaux se divise en diverses catégories selon son origine et ses différents adjuvants (CL90, NHL3,5, NHL-Z, ciment prompt …).

Elle peut être employée du gobetti à l‘enduit de finition, en passant par l’enduit de dressage et le renformis. On peut en faire des peintures et des patines.

Bref, autant dire que la chaux hydraulique et la chaux aérienne sont des alliées indispensables en rénovation et en construction.

 

On croise parfois certains artisans parler de l’enduit de façade à la chaux qu’ils utilisent.

Mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte que ce qui se vend sous cette appellation aujourd’hui est souvent bien éloigné du noble produit, légué par la tradition, auquel nous nous attendions.

Mais sans rentrer plus dans le détail de cette usurpation industrielle, penchons nous un peu sur les deux principales formes de chaux naturelles vendues dans le commerce actuellement: La chaux aérienne et la chaux hydraulique.

Enduit chaux taloché

Photo: Kenzai – Enduit à la chaux taloché

 

Voilà les 8 facteurs qui les différencient.

1. L’emploi que l’on en fera

Bien évidemment, si on s’efforce à distinguer 2 catégories de chaux c’est que l’utilisation que l’on va en faire n’est pas la même.

D’une manière générale, on peut résumer cet emploi à « finitions » pour la chaux aérienne (CL90) et « gros ou second œuvre » pour la chaux hydraulique (NHL2, NHL3.5, NHL5).

La finition représente les enduits de finition ou les peintures à la chaux.

Le « gros/second œuvre » représente les rebouchages, la couche de corps d’enduit, le montage de briques, de galets ou de pierres en général.

Bien que cela ne soit plus le cas aujourd’hui, à l’époque romaine, la chaux aérienne était utilisée pour tous types de travaux.

Cette chaux aérienne était alors associée à de la roche volcanique (pouzzolane) pour lui conférer une plus haute résistance et un emploi en des épaisseurs plus conséquentes.

En effet, ces agrégats légers et aérés par les gaz volcaniques permettaient d’apporter de l’air, donc du CO2 (nécessaire à la carbonatation, tu te rappelles?) au cœur du mortier et permettre sa prise malgré les épaisseurs.

Ce mélange était appelé béton romain et est également réputé pour sa très grande solidité.

Pour approfondir l’histoire romaine de la chaux, clique ici.

 

 

2. Chaux hydraulique ou chaux aérienne selon la couleur que l’on recherche

Si les peintures à la chaux sont du plus bel effet, c’est à cause de leurs aisance à jouer avec la lumière.

Car là ou la chaux hydraulique absorbe la lumière et semble un peu terne, la chaux aérienne fait valoir une blancheur éclatante.

Cela est dû à la différence de pureté entre l’une et l’autre puisque la chaux hydraulique présente une teneur en argiles siliceuses plus importante que la chaux aérienne. Ceci a pour inconvénient de la rendre moins pure et plus mat.

La chaux aérienne CL90 est garantie pure à 98 %.

Blalala

Ocres du Roussillon

Cette qualité aura également pour effet d’être plus respectueuse de la nature des pigments que l’on y ajoutera ou de joliment faire ressortir la couleur des sables à laquelle elle est mélangée.

Pour les travaux les plus aboutis et les résultats les plus éclatants, il existe aussi la crème de la crème de la chaux aérienne : la fleur de chaux.

Cette fleur de chaux est la partie supérieure de la décantation en bassin de la chaux vive durant la processus de fabrication de la chaux aérienne. C’est à dire le plus fin de ses dépôts, la couche la plus légère de toute. Elle est par nature onctueuse et pure, pour une blancheur sans égal.

 

 

 

3. La prise de la chaux

Ben, oui ! La prise bon sang !!! Elle est la raison même de la différence d’appellation de ces deux produits !

Comme tu t’en doutes bien à ce stade, la chaux aérienne fait sa prise (c’est à dire sa métamorphose vers l’état solide) à l’air.

Plus exactement, par absorption du CO2 contenu dans l’air.

C’est la raison pour laquelle, la chaux aérienne -même formulée- recouverte d’un peu d’eau, peut se conserver durant des mois et des années sans subir les désagréments du temps. Au contraire, elle s’en bonifie. Pour en savoir plus…

Cela n’est pas le cas de son acolyte hydraulique, qui elle s’offre l’exploit de réussir sa prise sans le moindre brin d’air.

Et même au fond d’un sceau d’eau, s’il le faut !

Ceci est dû, là aussi, aux argiles siliceuses contenus dans le calcaire utilisé pour sa production.

Ces argiles lui confèrent cette particularité, ainsi qu’à toutes les chaux dites «  à forte hydraulicité » (contenant +20% argile) comme le ciment prompt naturel sur lequel je reviendrai plus longuement.

Ce dernier ajoute même à ses prouesses en milieu humide, une formidable vitesse de prise.

 

 

 Article connexe :

>>> Quelle chaux pour les enduits d’intérieurs ? <<<

 

 

4. La résistance

Sur ce terrain, c’est la chaux hydraulique qui se démarque de sa collègue. En effet, plus le caractère hydraulique d’une chaux est marqué, plus sa résistance mécanique est élevée. Elle est dite plus dure.

enduit stuc marmorino

Photo: Les 3 matons – enduit stuc marmorino

Cette indice de résistance est indiqué en mégapascal, qui est l’unité de mesure de la pression ou de la contrainte (pour ceux qui en doutent, je les renvoie à la BD pédagogique « (méga)Pascal Brutal » :)

Ces indices sont visibles sur les sacs de chaux hydraulique tel que suit : NHL2 ; NHL3.5 et NHL5 et précisent la résistance en mégapascal de la chaux à la compression par cm² au bout de 28 jours. Par exemple, la NLH3,5 a une résistance de 3,5Mpa ce qui représente 35kg/cm2

La chaux aérienne (CL90) est donc beaucoup plus souple que la moins hydraulique des chaux hydraulique (NHL2).

Voilà un article qui détaille l’emploi et les caractéristiques de la plus résistante des chaux naturelles:  NHL5 : Tout ce qu’il faut savoir

 

5. La corrosivité

Inutile de te dire que la chaux vive ça chatouille un peu, mais sache que même la chaux éteinte est agressive. Ceci est dû à son fort PH basique (env. PH12,5).

Sur notre peau, ce fort PH provoque un phénomène de déséquilibre basique.

A ce phénomène s’ajoute la violente appropriation, par la chaux, des molécules carboniques dont elle a soif pour s’activer. Cette succion déshydrate ainsi la surface de notre tissu cellulaire dont le dessèchement provoque une tension de surface. Cette action générera des craquelures et des crevasses dans un premier temps, mais peut aussi conduire à des complications gravissimes. Surtout dans les yeux ou autres muqueuses comme… heu… ben, cherche tout seul,va  !

La brûlure chimique constituent un piège car son action peut paraître parfois inoffensive, pourtant, ceux qui ont travaillé une journée avec les mains dans la chaux savent qu’il n’en est rien. Elle a même cela de sournois, qu’elle poursuit son évolution tant qu’elle n’est pas chimiquement neutralisée. Il n’est donc pas suffisant de se rincer les paluches à l’eau pour être tranquille, à moins d’y ajouter un peu de vinaire blanc.

Des deux type de chaux, la plus agressive est la chaux aérienne, surtout en pâte donc mets absolument des lunettes et des gants pour la travailler et si tu veux être vraiment tranquille, opte pour des gants mapa bien épais et imperméables.

Crois moi, il vaut mieux transpirer un peu des mains que de se les abîmer de trop.

 

 

6. Le conditionnement

Un point sur lequel il arrive de se tromper, entre chaux aérienne et chaux hydraulique, c’est leur conditionnement.

Retiens déjà que la chaux hydraulique n’existe pas en pâte, donc dès qu’elle est en sceau ou en « berlingot », il s’agit de chaux aérienne.

Malheureusement, les choses ne sont jamais aussi simple que nous le souhaiterions et, le Bon Dieu ayant beaucoup d’humour, il inventa aussi la chaux aérienne en poudre.

Donc vérifie bien d’avoir le produit que tu souhaite avant d’en commander 5 palettes.

 

7. Le dosage

Avant d’employer de la chaux il est important d’être au clair avec l’utilisation que l’on souhaite en faire. Car comme je l’ai précisé dans le point n°1, on ne devrait pas utiliser indifféremment la chaux aérienne ou la chaux hydraulique.

De la même manière, le dosage varie en fonction de notre objectif.

C’est un point très important car selon mon expérience, c’est à ce stade que se fait le plus grand nombre d’erreurs. C’est ce que je détaille dans

“7 Conseils pour bien rater son enduit”

Ainsi, pour un enduit de finition à la chaux aérienne en poudre ou en pâte, on effectuera généralement un dosage dit « 1 pour 4 », c’est à dire une unité (sceau, pelle, truelle, ..) de liant pour 4 unités de charge (sable, poudre de marbre, …).

Tandis que, pour un corps d’enduit à la chaux hydraulique, on partira plutôt sur un dosage à « 1 pour 3 ».

Ce dosage dépend non seulement du liant utilisé mais également de la qualité de la charge que l’on y ajoute. Un même dosage ne réagira pas de la même manière avec un sable roulé qu’avec un sable concassé, de plus, une granulométrie hétérogène de sable et de fines fera toute la différence à l’étape du séchage et évitera les mauvaises surprises (fissuration, farinage, …).

 

 

Je profite de cet article pour t’informer du lancement à venir de ma Formation sur les Enduits Intérieurs à la Chaux.

Si tu est curieux clique ici.

 

 

8.La texture

La texture souple de la chaux en fait un matériau très agréable à utiliser, par rapport au ciment notamment.

Selon leur marque, à dosage équivalent, les chaux hydrauliques varient en qualité et en élasticité.

Cependant, une chaux aérienne sera, à concentration égale, toujours plus onctueuse qu’une chaux hydraulique.

Chaux aérienne en pâte

La différence se fera sentir à la première truelle. Une bonne chaux aérienne est « grasse » et collante. Elle s’applique avec facilité sur les supports et la lisseuse glisse dessus comme sur une mayonnaise.

La chaux hydraulique est beaucoup moins brillante et plus lourde. Elle est moins coquette !

Je conclurai ici en gardant cette image plus féminine de la chaux aérienne.

Tu me colleras bien l’étiquette de « sexiste » si tu veux, mais il me paraît un exercice mnémotechnique intéressant d’associer la dureté et la force prétendue du caractère masculin à la chaux hydraulique; et que la rondeur, la douceur et la patience supposée du caractère féminin à la chaux aérienne.

Celle qui fini le travail en beauté ! 😉

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23 thoughts on “Chaux Hydraulique et Chaux Aérienne | les 8 différences essentielles”

  1. Bonsoir et merci pour ces précieux renseignements. J’aimerais aussi savoir quel type de chaux utiliser pour « repeindre » et masquer quelques craquelures d’un mur crépi à la chaux hydraulique.
    Le vendeur de matériaux que j’ai consulté m’a conseillé et vendu un seau de chaux…vive.
    Cela te paraît-il raisonnable ? Sinon rien de grave, je l’utiliserai au jardin.
    Merci encore
    MC

    1. Bonsoir,
      D’une manière générale on utilise de la chaux aérienne comme dernière couche d’enduit (enduit de finition). C’est donc celle que je te recommande.
      C’est vraiment étrange qu’un vendeur t’ai refiler de la chaux vive, c’est en général de la chaux éteinte que l’on trouve dans les magasins(!!!)
      La chaux vive est plutôt utilisée dans l’agriculture, effectivement. Pour les enduits c’est inadapté et assez risqué.
      Bon chantier 🙂

      1. Bonjour, merci de cette réactivité. C’est bien ce que je pensais, mais :1. je l’ai acheté non dans un magasin de bricolage mais chez un marchand de matériaux un peu rustique. 2. un mien voisin de la campagne à qui j’en ai parlé m’a affirmé que ses parents et grands parents rechaulaient leur cuisine tous les ans ou presque à la chaux vive.
        Ma curiosité l’a emporté et j’ai fait le test sur un mur en ajoutant un peu de liquide vaisselle, de lait ( ce qui a fait beaucoup rire mon voisin) et un colorant naturel ocre… J’ai passé le mélange hier, et le résultat me paraît satisfaisant. Reste àsavoir combien ça tiendra et comment cela évoluera.
        Merci encore et bonne journée

        1. Bonsoir,
          merci pour cet article vraiment bien documenté – et j’ai cherché… !
          Une question, peut-être stupide, mais qui me travaille. Est-il possible d’appliquer un badigeon de chaux aérienne sur un enduit de corps en chaux hydraulique ?
          Je demande car dans la région où je vis, le soleil tape dur et la chaux appliquée (aérienne) a fortement craquelé à certains endroits et je pense (je me trompe peut-être) qu’un primaire en chaux hydraulique pourait solidifier le support.
          Une remarque, ici au Portugal, le chaulage est omniprésent et on achète toujours la chaux sous forme de pièrres (env. 5€ le sac de 5kg) qu’il faut éteindre en mélangeant le tout avec de l’eau dans un container en métal (seau, brouette…). Je l’ai utilisée pour badigeons, mortier bâtard ou en enduit de finition 1/3 et 2/3 de sable, c’est nickel…

          1. Bjr Paco,

            Non, absolument aucun problème pour appliquer une badigeon ou même une couche d’enduit de finition à l’aérienne sur un enduit à l’hydraulique.
            Au contraire, c’est même souhaitable.
            1. Car la chaux aérienne est plus blanche et plus éclatante que l’hydraulique
            2. Car la chaux aérienne est plus agréable à appliquer pour une couche de finition (il est alors plus facile de faire du beau travail).
            3. On privilégie les matières plus perspirantes (=moins hydrauliques) à l’extérieur.

            C’est d’ailleurs bizarre que seule la couche d’enduit à l’aérienne ait fissuré.. Normalement il aurait du se “fondre” dans la couche de corps :/

            Ici aussi on trouvait de la chaux à éteindre mais c’est de plus en plus rare 🙂
            Content que tu prennes soin de tes murs 😉

            Au plaisir!

            Gautier

  2. Merci pour ta réponse… je vais attaquer avant les grosses chaleurs.
    Pour détailler, la couche qui a craquelé était seulement un badigeon avec pigment sur un support très mince de ciment qui servait à boucher les fissures et aplanir les volumes. Je vais donc virer cette couche de ciment et la remplacer par un moriter chaux hydraulique et sable puis l’aérienne en finition.
    Cordialement
    Paco

  3. Bonjour,
    Je suis en train de restaurer une maison en pierre et je supprime tout ce qui est béton ciment. Ainsi j’ai enlevé le crépis intérieur puis pour isoler et redresser les murs j’ai utilisé le chaux-chanvre en coffrage sur 4 à 18 cm d’épaisseur. La chaux utilisée est la Thermo d’une marque connue pour sa qualité. Elle est essentiellement composé de chaux aérienne. Avec cette Thermo, donc aérienne, j’ai obtenue une meilleure qualité de chaux-chanvre qu’avec la chaux NHL3,5. Pourtant, pour un demi sac de chanvre, il faut un sac de Thermo ou de chaux 3,5 . Or le sac Thermo est de 20 kg contre 35 kg pour la chaux hydraulique. Surprenant non ? et bien j’ai peut-être la réponse dans le texte que je viens de lire : dosage plus faible et poids plus léger pour la chaux hydraulique. Merci Gautier.
    Alain

  4. Bonjour j’ai des murs en pierres dans une salle de bain.
    J’ai tout piqué et m’apprête à enduire.
    J’aimerais obtenir un mélange de pierres vues et d’enduit blanc immaculé style grec ou crêtois.
    Peut-on utiliser de la chaux en milieu humide et si oui laquelle ?
    Laquelle en corps d’enduit et laquelle en finition ?
    MERCI !!!!

    1. Bonjour,

      Aucun problème pour utiliser la chaux en milieu humide.
      Au contraire, elle aidera à la régulation de l’humidité.
      Pour autant, attention à ne pas négliger une bonne ventilation et évitez les aspersions directes.

      Pour l’enduit de corps, la NHL2 sera suffisante en intérieur.
      Pour la finition, de la chaux aérienne. En pâte ou en poudre.

      Si le sable colore trop l’enduit de finition à votre goût, vous pourrez terminer avec un badigeon de chaux pure diluée dans 3 à 5 fois son volume d’eau.

      Plus d’info sur le badigeon:https://faisons-le-mur.com/peintures-naturelles-vocabulaire/

      Bon chantier !

      Gautier

    1. Bonjour,
      La température mais aussi l’humidité de l’air vont jouer un rôle important lors de la mise en œuvre de l’enduit à la chaux.
      Idéalement, on ne voudra pas descendre en dessous de 5°C pour appliquer son enduit.
      Si toutefois c’est inévitable, il ne faudra impérativement ne pas atteindre la T° de gel. L’eau contenu dans l’enduit en train de “tirer” (sécher) changera d’état et gonflera ce qui altèrera la “prise” (solidification) de la chaux.
      En extérieur, avec l’air sec les vents d’entre-saison, l’enduit peut aussi avoir tendance à tirer plus/trop vite. Cela n’est pas idéal car plus le séchage est lent, plus l’enduit sera solide.
      La chaleur de l’été n’est pas un problème en soi car l’air estival est saturé d’humidité. Par contre, gare aux rayonnements directs du soleil.

      Aucun problème pour la tyrolienne. Elle sera très utile pour les gobetis.

      Bonnes fêtes 🙂

      Gautier

  5. Bonjour,
    Excellent article, merci !
    J’aurais une question un peu saugrenue.
    La voici : Est-on “obligé” de rejointoyer un mur ?
    Je m’explique :
    Dans ma réno, j’ai piqué des murs en pierre et creusé les joints sur 3 à 4 cm. Restent donc les belles pierres jointoyés avec l’ancien enduit de corps (sable et chaux).
    Je trouve le rendu très beau comme ça, il y a bien quelques trous et donc des pierres à remaçonner mais dans l’ensemble, je me dis : et pourquoi pas le laisser comme ça ?
    Est-ce que ça se fait ?
    Je précise bien sûr que je parle de la décoration intérieure de la maison.

    1. Bonjour Florent,

      L’idée des joints est qu’ils permettent à un assemblage de pierres de rester assemblées.

      Du coup, si ni la pluie ni les chocs ne risquent de continuer à fragiliser ton mur… pourquoi ne pas les garder ainsi 🙂

      Attention tout de même à ne pas prendre cette remarque pour une permission, car bien évidemment, je n’ai pas vu l’état de ton mur.

      Peut-être qu’inviter un ami maçon à prendre un verre chez toi serait la réponse la plus pertinente 🙂

      Bonnes fêtes !

      Gautier

  6. Bonjour,

    Nous sommes en train de faire construire notre maison et je voudrai savoir quel serait la meilleur technique pour un enduit aérien ou hydraulique sachant que nous habitons dans le sud est de la France.

    J’aime beaucoup les enduits à la chaux mais mon constructeur nous propose le palettes de chez parexlanko et PRB et je ne trouve pas la couleur d’enduit qui nous correspond.
    est ce que qq pourrait m’éclairer autant sur les technique que la couleur sachant que nous sommes à la recherches de ce type de couleur :
    http://www.bastides-provencales.fr/realisations.html

    est ce que qq peut nous aider ?
    je crois que l’enduit à la chaux aérienne me plait beaucoup mais avec l’humidité il vaut mieux partir sur un enduit hydraulique.

    Merci pour votre aide précieuse !
    Amande

    1. Bonjour Amande,

      Les enduits préformulés comme le parexlanko présentent le désavantage (pour moi) de ne pas être très clair dans leurs compositions.
      Par contre il est en général aisé d’y trouver les tons souhaité car leurs nuanciers sont assez précis.
      Pour les techniques c’est un peu long à détailler si vous n’êtes pas professionnelle vous-même.

      Dans les règles de l’art on enduit une maison de chaux hydraulique ET de chaux aérienne.
      Cette dernière s’employant pour la dernière couche de finition. C’est elle qui portera la couleur.
      Elle peut être teintée dans la masse par des pigment ,peinte au badigeon ou vaporisée de pigment et d’un fixatif (caséine, sel d’alun).

      La teinte dépendra donc de votre décision avec l’artisan ou l’architecte.

      Si vous souhaitez une couleur précise, relevez sa référence sur un nuancier et communiquez la à votre architecte.

      J’espère avoir répondu à vos questions.

      Bon chantier,

      Gautier

  7. Bonjour à vous,
    j’ai commandé de la chaux NHL 3,5 à un ami revendeur de matériau pour réaliser une dalle chaux sable pouzzolane et il m’a livré de la chaux vive CL90 en big bag. Autant en avoir un petit peu ne m’aurait pas dérangé à l’étape des finitions, autant je ne sais pas quoi faire des 2 tonnes. N’est-il vraiment pas possible de l’utiliser pour une dalle ? Si oui, quels sont les dosages et les principes de mise en œuvre à respecter ?
    Merci d’avance pour vos lumières.
    Manu

    1. 2 tonnes !!! 🙂

      Wow, et bien je suis désolé mais je ne suggère aucune solution :/

      Utiliser de la chaux aérienne pour une dalle représentes principalement 2 inconvénients
      – le temps de prise
      – la résistance à la mécanique aux chocs / compression

      Vous pourriez éventuellement l’hydrauliser comme le faisaient les romains.
      Pour cela il faudrait incorporer une charge qui transforme la réaction de prise aérienne en réaction de prise “puzzolanique”.

      Typiquement avec de la brique pillée, de la puzzolane, de la cendre, … tous ces matériaux augmentent la résistance à terme du mortier.
      L’eau de mer aurait aussi le pouvoir de renforcer le mortier.

      Une autre solution expérimentale pourrait être de tramer un maximum les dernières épaisseurs de chaux. Cela augmenterait aussi sa résistance.

      Ou alors passer un compacteur à plaque sur des lits de mélange à peine humide.

      La bonne question serait sans doute “pour quel revêtement de sol ???”

      Si on peut faire des sols en terre crue, on peut faire des sols en chaux aérienne mais je n’ai aucune expérience à partager ce coup-ci.
      Je serais vraiment heureux d’avoir des nouvelles de votre chantier en tout cas. 🙂

      Bonne continuation !

      Gautier

  8. Bonjour,
    Je vais devoir procéder a la mise en oeuvre de non habitation (ferme en pierre de pays remis a nu).
    2 options s’offre a moi. La premiere qui consiste a jointoyer, et la seconde qui consiste a faire une enduit gratté pour faire un enduit pierres perdues (pierre ici et là).
    Mon problème est simple,je souhaite faire ces enduits seule. Vu la taille des façades, il me faudra entre 2 et 3 jours pour le réaliser, hors je sait qu’il y aura forcément des marque de reprise (ce que je souhaite éviter).
    D’ou ma question, connaissez vous des recettes pour realiser ce chantier en évitant ou limitant ces marques de reprise?
    J’ai vu des maçons enduirent des façades en 3 jours sans qu’il y ait la moindre marque.
    De mémoire, pour avoir discuter avec eux, ils avaient une recette de 1 chaux pour 3 sables ce qui est standard, mais ils mélangaient de la chaux NHL 3.5 avec de la batidole (chaux aérienne je pense).
    Si vous avez des tuyaux je suis preneurs.
    Merci

    1. Bonjour,

      Pour une façade faite en plusieurs jour, il est vraiment difficile d’éviter les traces de raccords.
      Dans tous les cas la question ne se pose que pour l’enduit de finition à la chaux aérienne. Donc je suggère:
      – Préparer un maximum de matière le jour avant d’enduire la finition.
      – Commencer très tôt à enduire (en anticipant la course du soleil pour travailler à l’ombre)
      – Travailler avec des outils plus grands (type plâtoir suisse)

      Une autre alternative sera de passer un badigeon sur les façades enduites pour homogénéiser l’ensemble (Idéalement dans les 24h).

      Voilà pour mes suggestions 🙂

      Bon chantier !

      Gautier

  9. J’ai lu avec intérêt ton article. Il ne faut pas opposer la chaux aérienne à l’hydraulique. Celle-ci sont certes très différentes. J’ai mis très longtemps à en apprendre certaines subtilités.
    Sur le fond l’aérienne , presque pure, sêche en captant le co2 de l’air, elle est assez perméante à la vapeur d’eau. L’hydraulique durcit à l’eau est plus elle va vers le NHL5, plus elle risque d’être fermée, plus dure, plus étanche, moins perméante, moins élastique, plus proche du ciment….Il faut en connaître aussi le % de chaux libre pour mieux la connaître et la doser.
    Bon je vais pas faire un cour sur la chaux, mais il faut déterminer selon l’utilisation que l’on en fait, le bon dosage. C’est souvent des mélanges de chaux différentes et de granulat minéral ou végétal qu’il faut imaginer selon l’utilisation que l’on a à faire
    Exemple, Un ravalement à la chaux sur support mur dit tendre…
    (béton de chanvre, argile, pierres,….) privilégier un mélange perméant, élastique donc à base de chaux aérienne. 1/ gobetis NHL2 (hydraulique souple)+ sable 0/4 étagé: 2/ corps d’enduit, moitié aérienne, moitié hydraulique NHL2 et sable 0/4 3/ finition: chaux aérienne et sable type 0/2.
    Si je n’ai que de la NHL 3,5 à mélanger avec la chaux aérienne dans ce cas je dose moins la chaux hydraulique et plus d’aérienne.
    Pour un ravalement sur parpaing, on peut utiliser n’importe quelle chaux hydraulique selon les préconisation et dosages fabricants et finir par une finition aérienne par exemple. Mon message est que l’on choisit les chaux et les granulats selon l’usage que l’on a besoin: type de support, perméance, dureté, souplesse, étanchéité, tenue dans le temps, etc. Tout cela déterminera le choix et le mélange à exécuter. C’est ainsi que les fabricants font tous ou presque des produits formulés à base de chaux, en plus de leur chaux aérienne pour certains, hydraulique pour d’autres.. Cela sert à leur donner des caractéristiques et usages d’emploi. Pour ma part je préfère les dosages chantier, moins cher, que les produits tout fait, maîtrisable sur les dosages.

    1. Merci pour ton retour, c’est très bien résumé.
      Moi aussi j’ai mis du temps à comprendre mieux les subtilités de la chaux. Il ne suffit pas de le lire une fois pour assimiler son fonctionnement.
      Aujourd’hui encore j’apprends plein de choses sur l’hydraulisation puzzolanique ou les adjuvants naturels. J’apprends et puis j’oublie, et puis j’apprends, et puis je pratique 😀
      A +
      Gautier

  10. Bonjour,
    Est-il possible de réaliser un enduit en 4 couches dans le cas où la surface a rattraper est inégale et épaisse? Je pense faire un gobetit, deux corps d’enduit et une finition en respectant bien sûr la règle de quantité décroissante de chaux dans le mélange.
    Merci pour le partage de vos connaissances.
    Bien à vous.

    1. Bonjour,

      Oui, bien sûr !
      Pour les fortes épaisseurs il est conseillé de rajouter des couches ? Laisse bien la première couche de corps tirer avant de passer la seconde. (deux à trois semaines).
      Sur certains monument il est possible de retrouver jusqu’à 6 couches de dosages et de compositions différentes.
      Bon chantier 🙂
      G.

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