Enduits à la chaux | 7 Conseils pour bien les rater

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Inutile de m’étaler en avant-propos inutiles. Si comme moi tu veux être sûr de bien rater tes enduits et surtout, si tu veux être garanti de savoir pourquoi pour pouvoir répéter le modèle indéfiniment : cet article est fait pour toi !

Il est valable pour des enduits de finition à la chaux aérienne, des enduits de corps à la chaux hydraulique,  des enduits à l’argile et même des peintures naturelles (badigeons).

Suis à la lettre mes 7 conseils pour ne plus réussir accidentellement tes enduits à la terre ou à la chaux ! (Dépêche-toi, tu me remercieras plus tard 😉

 

 

L’enduit doit toujours être trop mouillé ou trop sec. Toujours !

Quand on utilise une masse qui n’est pas correctement dosée en eau, on risque d’avoir de petits problèmes avec ses enduits à la chaux ou à la terre.

En effet, quand un mélange est trop sec, parce qu’il n’y a pas assez d’eau ou parce qu’il a déjà commencé sa prise, on se risque aux aléas qui suivent.

Tout d’abord, il sera beaucoup plus difficile de travailler un mélange trop sec qu’un mélange trop mouillé. Cela veut dire de gros efforts au niveau des poignets pour mélanger et pour appliquer son enduit naturel.

La matière sera rêche et rappeuse.

Il sera impossible d’ajuster les épaisseurs d’enduit durant l’application et comble du comble, l’enduit ne se liera pas au support.

De plus une matière sèche tirera d’autant plus vite et ne te laissera pas le temps d’assurer de jolis raccords.

A contrario, quand la matière est trop liquide c’est toute une autre galère.

Ok, il sera plus facile de la mélanger par contre la masse va te dégouliner de tous les côtés, autant de la truelle que de la taloche.

Au moment d’appliquer tu n’arriveras à appliquer que des quantités minimes à cause de l’affaissement de l’état liquide.

Coté adhérence on est sauvé, il ne devrait pas y avoir de problème sérieux de ce coté là, ça va même surtout te coller à la taloche:)

Astuce: si tu fais tes mélanges à la main, je recommande de commencer par mouiller abondamment les 70 % de matière et d’ajuster ensuite avec les 30 % restants. Tu y gagneras en temps et en fatigue 🙂

Ensuite, gare aux retraits une fois que l’enduit commencera à tirer.

En effet, il faut se dire que toute l’eau contenue dans la matière -et que le support n’absorbera pas- finira tôt ou tard par disparaître par évaporation. Du coup, ce volume laissera la place à de l’air et bonjour les fissures !

Ne jamais tramer les raccords sur du bois. Jamais !

Peut-être l’imagines-tu déjà, mais on ne peut pas demander à un enduit de réagir de la même manière sur différentes surfaces.

Cannisse de roseau sous enduit

Cannisse de roseau servant de trame

Il y a des surfaces avec lesquelles il « fusionne » plus volontiers qu’avec d’autres.

En plus de ces affinités, principalement liées aux origines des dits matériaux (minérales, végétales, synthétiques), il faut aussi se rendre compte que tout les matériaux « travaillent » à un rythme, à des conditions et à une amplitude différente.

Ainsi, pour un refroidissement ou un échauffement de 1°C, l’acier se dilate d’environ 0,012 mm par mètre. Le bois et le plâtre, eux, se rétractent ou gonflent en fonction du taux d’humidité.

C’est pourquoi, si l’on doit enduire ou raccorder un enduit sur du bois (cadre d’huisserie, colombage, montant d’ossature, etc..) le risque est que les mouvements de ce « travail » impliquent, avec les saisons, un cisaillement qui créera une lame d’air entre l’enduit et le support et qui, à terme, le fragilisera et le décollera.

La solution est de tramer le support pour garantir l’accroche et la cohésion de l’ensemble de l’enduit. Cela peut se faire de différentes manières selon que l’on utilise de l’enduit à la chaux ou de l’enduit à la terre.

On peut par exemple utiliser de la toile de jute, des paillasses de roseaux (canisses) ou éventuellement du treillis en fibre de verre que l’on viendra agrafer sur la zone à renforcer.

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Article qui t’intéressera aussi: Chaux Hydraulique et Chaux Aérienne | les 8 différences essentielles 

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Toujours mettre trop ou pas assez de liant. Toujours !

Si le dosage n’est pas adéquat, tu te retrouveras fatalement avec un enduit trop dosé en liant on trop dosé en charge (ce qui est exactement le contraire).

Enduit naturel raté

Enduit terre trop dosé en argile

Que ce soit avec de l’argile ou avec de la chaux, le principe est le même.

En séchant, le liant contenu dans l’enduit se rétracte (l’eau s’évapore) et durcit.

On dit qu’il « tire ». Cette action provoque une tension en surface dans un premier temps puisque c’est la surface au contact de l’air qui tire en premier. Cette tension de surface va créer une première série de fissures superficielles et ces fissures vont s’agrandir au fur et à mesure que l’enduit sèche à cœur. Elles finiront par être plus grandes et plus profondes jusqu’à ce que l’enduit soit totalement sec.

Pour éviter ce mécanisme on ajoute de la charge au liant. Principalement des sables.

Quand cet ajout se fait dans les bonnes proportions, l’enduit est relativement stable (même si des micro-fissures de surface apparaissent presque systématiquement) mais quand on ajoute trop de charge à son enduit, il devient moins solide car le liant ne parvient pas à faire son boulot (lier !).

Conséquences : l’enduit perd son onctuosité rendant l’application moins agréable et une fois sec, les grains se détachent de l’enduit au moindre frottement. On dit que l’enduit « farine » ou qu’il « poudre ».

Ne jamais soigner ses raccords. Jamais !

Durant la pose d’un enduit de finition à la chaux, une des grandes difficultés est de réussir les raccords d’enduit entre eux.

Un enduit mal raccordé se reconnaît à ce que l’on peut dire précisément où se trouvent les liaisons entre les différentes progressions de notre pose d’enduit.

Car un enduit à la chaux s’applique par zones de 1,5 à 2m2. Selon le support, la météo, l’expérience de mise en œuvEnduit naturelre et le type de finition souhaité, etc…

Comme avec la peinture il faut savoir raccorder correctement nos différentes passes d’enduit.

Comment ? Et bien en ne laissant jamais la zone précédente tirer complètement avant d’y accoler la suivante. Ainsi, on arrive à lier ces zones avec de la matière fraîche sur de la matière fraîche. Si la zone précédente est déjà sèche, il y a de grandes chances pour que le raccord finisse par se voir.

Pour éviter que la passe précédente ne tire trop vite, une astuce est d’y vaporiser régulièrement de l’eau. Je conseille aussi de bien anticiper le moment de sa pause pipi et de ne pas quitter le chantier avant d’avoir fini le mur ou la cloison que l’on a commencé.

Une manière de sauver les meubles (en cas de besoin pressant ! 🙂 est la passe d’un badigeon à la chaux pour couvrir les traces de raccords une fois que l’enduit fini.

Ce problème se pose beaucoup moins avec l’utilisation d’enduit à l’argile car les enduits de terre peuvent se remouiller quasi infiniment. Cela n’empêche tout de même pas, pour gagner en temps, et en qualité de bien considérer tous ses raccords.

Ne jamais préparer son support d’enduit. Jamais ! 

Ahh, voilà la base de la base ! Pour bien rater son enduit et le voir se décoller dans les semaines qui suivent la pose, le meilleur conseil est de négliger la préparation du support.

Un support doit, pour accueillir favorablement un enduit, être propre et humide, voire détrempé.

Les raisons à cela sont très simples. Il est clair que si la surface sur laquelle je pose mon enduit est poussiéreuse, il y a de fortes chances que cette couche de poussière empêche mon enduit à la terre ou à la chaux d’adhérer durablement sur mon mur. Pour éviter cela ne fait jamais l’économie d’un coup de brosse préliminaire et surtout d’un rinçage abondant à l’eau.

En effet, plus le support est ouvert, c’est à dire poreux, plus il faudra s’attarder à le mouiller pour optimiser l’accroche de notre enduit naturel.

Pour illustrer cela, je vais prendre l’exemple d’un mur en briques. Tu as sûrement déjà fait l’expérience de la faculté d’absorption d’une brique sèche ou d’une tomette en terre cuite. A peine y dépose-t-on un peu d’eau qu’elle est subitement absorbée. Même l’auréole d’humidité disparaît instantanément. Comme si de rien n’était !

Maintenant imagine ce qui se passe si au lieu d’y verser de l’eau on y étale un enduit.

La brique pompera littéralement l’enduit de son liquide (eau+liant) et asséchera l’enduit coté mur, ne laissant que les grains sans agent de liaison.

On dit alors que la surface « brûle » l’enduit. Ce phénomène empêche la cohésion durable de notre enduit. Il y a même de fortes chances qu’il s’écroule sous son propre poids ou « cloque » au moment du talochage.

Pour éviter cela, il faudra s’assurer que la brique (ou tout autre support) soit bien saturée d’eau au moment de l’application de l’enduit. Ainsi les deux corps sécheront ensemble, progressivement et de manière homogène.

L’autre avantage à avoir un support mouillé, c’est que la prise de la matière se fera plus lentement et permettra ainsi d’appliquer de plus grandes surfaces d’enduit sans avoir à revenir sur nos raccords.

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Article qui t’intéressera aussi: LES 4 PHASES D’UN ENDUIT REUSSI

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Toujours négliger de bien mélanger ses pigments naturels. Toujours !

Pour la coloration des enduits naturels à la chaux ou à la terre, on utilise généralement des pigments naturels comme les Enduit naturelocres. (Plus d’infos à ce sujet en cliquant ici)

Ils sont de couleurs variées et peuvent être mélangés à la masse d’enduit , dilués à de l’eau vaporisée sur l’enduit à la chaux encore frais ou ajoutés dans un badigeon.

Pour les enduits à la terre optera pour une terre aux tons clairs ou un kaolin (une argile blanche).

La difficulté dans l’exercice de coloration est de respecter un dosage adéquat entre le liant, la charge et les pigments.

En effet, au dessus d’un certain seuil (env.8%) il y a saturation des pigments et ils n’apportent plus de coloration à notre enduit.

Par contre ils déséquilibrent la granulométrie de la charge ce qui peut altérer la résistance mécanique de l’enduit. Ce dosage doit être maîtrisé car il doit pouvoir être reproduit sans dépareiller les gâchées d’enduit successives.

Et enfin, la dernière surprise à éviter est de trouver des « fusées » dans notre enduit.

Ce terme représente les cailloux de pigments mal dissous qui, une fois écrasés par la lisseuse ou le plâtoir, laissent une traînée colorée sur notre bel enduit de finition à la chaux aérienne.

 

Dans le prolongement de cet article ​Téléchargez Gratuitement

Enduit Intérieur à la Chaux :

 Bien comprendre, ​Bien  choisir

​Mieux faire

​Comment parfaire votre intérieur à un coût dérisoire !

 

 

Fini pour aujourd’hui. 7Points c’est tout !

Bon, voila mes premiers conseils pour savoir comment être sûr de se retaper le boulot une fois la journée terminée.

J’aurais pu continuer comme ça pendant des pages entières. Te parler de la gestion des angles, du quantitatif juste, du sur-talochage, du fibrage, les bons outils, etc, etc,.. Seulement je me suis dit que j’allais garder ça pour un prochain article à sortir bientôt.

En attendant si tu le souhaites, tu peux télécharger mon guide de la construction en terre crue qui j’en suis sûr, t’apportera beaucoup de compléments d’information sur le sujet. Il est disponible sur n’importe quel formulaire de ce blog ou en cliquant ici.

 

Allez, à bientôt pour de nouveaux articles et partage si celui-ci t’a été utile.

Au plaisir !:)


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3 thoughts on “Enduits à la chaux | 7 Conseils pour bien les rater”

  1. Super complète ton explication. J’ai enduit totalement mon séjour de chaux que j’ai pigmentée. C’est un travail énorme (4 couches + la cire) mais le résultat est superbe. Effet supplémentaire : plus d’insectes dans la maison.

    1. 4 couches! Wow, tu n’as pas fait les choses à moitié, bravo!!! 😀 Tu t’y connaissais ou tu as fait appel à des amis/des pros? Merci en tous cas pour ton retour, ça n’a pas de prix! 😀 😀 😀

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